‹ Le paradis de Dante Alighieri traduit en françaisChapitre 22 sur 25 · CHANT XL · texte numérisé non relu

CHANT XL

O soix insensé des mortels! Combien sont défectueux les syllogismes, qui leur font diri: ger les ailes en en-bas !L'un courait à l’etade du droit ou à la méditation des aphorismes; l’autre suivait le sacerdoce ; celui-ci aimait à employer la force et les sophismes ; celai-là dérobait le bien d'autrui, ou «péculait avideinent dans son négoce : l’an s’adonnait aux plaisirs charnels , l’outre à une coupable indolence , tandis que, méprisant ces vanités, j'avais été conduit par Béatrix au séjour céleste où les bienheureux me faisaient nn accueil si gracieux. Les différents esprits revenus à la place qu'ils occupaient auparu-

vant , s’arrétèrent , comme la cire reste im-

| Ed io senti’ dentro a quella lumiera, Che pria m’ avea parlato, sorridendo Incominciar, facendosi più mera :

Cosi com’ io del suo raggio m’ accendo, Si riguardando nella luce eterna Li tuo’ pensieri, onde cagioni, apprendo.

Tu dubbi, ed hai voler che si ricerna In si aperta e.si distesa lingua Lo dicer mio, ch’ al tuo sentir si sterna,

Ove diuanzi dissi : u” ben s’impingua, E là u’ dissi, non surse il secondo :

E qui à uopo che ben si distingua.

La providenza che governa il mondo Con quel cnnsiglio, nel qual ogni aspetto Creato è vinto pria che vada al fondo,

Perocchè andasse ver lo suo diletto La sposa di colui , ch’ ad alte grida Disposd lei col sangue benedetto,

lu se sicura e anche a lui più fida, Due priucipi ordinô in suo favore, Che quinci e quindi le fosser per guida.

L'un fa tutto Serafico in ardore, L’ altro per sapienza in terra fue Di cherubica luce uno splendore.

mobile dans le flambeau , et l'esprit qui m'avait d'abord parlé devenant plus brillant,

m'adressa ces mots : « En regardant la lueur éternelle, je m'’allume de ses rayons, et j'y lis toutes tes pensées. Tu as un nouveau doute, et tu désires que je te rende plus sensibles les explications qui t'ont deja été données. Je t'ai parlé plus baut de /a nourriture délectable et de cet homme après lequel i/ ne s'en est pas élevé un second. Ici il faut bien distingner ces propositions. La Providence, qui gouverne le monde par cette puissance qu’ancan être créé ne peut approfondir, voulnt que l'épouse , fidèle à son seigneur , et sûre dans sa marche , ne s'éloignàt jemais de celui qui s’unit à elleen versant son sang beni, et en jettant de grands cris: par bonté, elle daigna lui accorder deux guides secourables. L'un fat rempli d’ane ardeur séraphique; l'autre eut en partage toute la sagesse des chérubins. Je ne parlerai que d’un seul : c'est les célébrer tous les deux en parlant de l’un oo de l'autre;

leur saint oavrage n'eut qu’an inême but.

Dell’ un dird, perocchè d’ smendue Si dice l’un pregiando qual ch’ uom prende, Perchè ad un Gne fur |” opere sue.

Intra Tupino e l’ acqua che discende Del colle eletta dal beato Ubaldo, Fertile costa d’ alto monte pende,

Onde Perugia sente freddo e caldo Dr porta Sole , e dirietro le piange Per greve giogo Nocera con Gualdo :

Di quella costa là, dov’ ella frange Più sua rattezza, nacque al mondo un Sole Come fa quest tal volta di Gange.

Perd chi d’ esso loco fa parole Non dica Ascesi, che direbbe corto, Ma oriente se proprio dir vuole.

Non era ancor molto lontan dall’ orto, Che coinincid a far sentir la terra Della sua gran virtude alcun conforto.

Che per tal donna giovinetlo in guerra Del padre corse, a oui com” alla inorte La porta del piacer nessun disserra :

E dinanzi alla sua spirital corte Et coram patre le si fece unito, Foscia di di in di l’amè più forte.

« Kotre le Tupino et cette onde qui torabe de la colline où le bienheureux Ubald avait choisi son séjour , au pied d’une haute montagne qui, suivant la direction des vents, envoie à Pérouse, vers la porte du soleil, la chaleur ou le froid, est une côte fertile, à l'opposé de Nocera et de Gualdo si mal situés; sur cette côte, dans la partie où la pente est plus douce, naquit au monde un Soleil semblable à celui où je suis maintenant et que l'on voit quelquefois sortir des eaux du Gange: sil'on veut parler de ce séjour, qu'on ne l'appelle pas ssise, mais qu'on le nomme précisément l'Orient. Ce soleil était au commencement de sa carrière ; il montrait déja à la terre l’éclat de sa haute vertu. Malgré la répugnance de son père , jeune , il aima cette femme à qui, comme à la mort , les hommes u'ouvrent jamais la porte du plaisir. Il l’épousa devant l'aatorité spirituelle , et en présence même de son père. De jour en jour il l’aima davantage. Cette femme, veuve de son premier époux depuis mille et cent ans

Questa , privata del primo unarito, Mille e cent’anni e più dispetta e seura Fino a costui si stette senza invito :

Nè valse udir che la travo sicura Con Amiclate al suon della sua voce Colui ch’ a tutto ’l mondo fe’ paura :

Ne valse esser costante nè feroce, Si che dove Maria rimase giuso Ella con Cristo salse in su la croce.

Ma perch’io non proceda troppo chiuso :

Francesco ce povertà per questi amanti Prendi oranai nel mio parlar diffuso.

La lor concordia, e i lor lieti sembianti Amore e maraviglia, e dolce sguardo Faceano esser cagion de’ pensier santi: .

Tanto che ’! venerabile Beruardo Si scalzô prima , e dietro a tanta pace Corse , e correndo gli parv’ esser tardo.

* O ignota ricchezza , o ben verace!

Scalzasi Egidio , e scalzasi Silvestro Dietro allo sposo , si la sposa piace.

Indi sen va quel padre e quel maestro Con la sua donna e con quella famiglia, Che già legava l’umile capestro ;

LE PARADIS. CHANT XI. 147 etplus, avait vécu jasqu’alors dans la retraite et dans l’obscurité. En vain elle avait tenu compagnie fidèle à Amniclas, et n'avait, comme lui, éprouvé aucune crainte, au son de la voix du héros qui faisait trembler l'univers ; en vain pleine d’une patience admirable et d'une noble constance , elle était montée, avec le Christ, sur la croix dont Marie avait embrassé le pied. Je ne vais pas continuer un langage trop mystérieux : François et la pauvreté sont les deux amants quet'indiquent mes paroles diffnses.

« Leur concorde, leurs visages d’allégresse, l'amour, la merveille, leur doux regard devenaient la cause de saintes pensées. Le vénérable Bernard, frappé de cet exemple, se déchaussa le premier ; il courut à un si doux bonheur , et il se reprocha d’ÿ avoir Couru si tard. O richesse inconnue! 6 bien fécoud ! Égide se déchansse , Sylvestre se déchausse à la suite de l'époux, tant l'épouse a de charmes! Ce père et ce maître s'en va avec celle épouse , et la famille qui se liait le corps

148 IL PARADISO. CANTO x!.

Nè gli gravô viltà di cuor Le ciglis ler esser f” di Pietro Bernardone, Nè per parer dispetto a maraviglia.

Ma regahnente sua dura intenzione Ad Innocenzio aperse, e da lui ebbe Primo sigillo a sua religione.

Poi che la gente poverella crebbe Dietro a costui, la cui mirabil vita Meglio in gloria del ciel si canterebbe;

Di seconda corona redimita Fu per Onorio dall’ eterno spiro La santa voglia d’esto archimandrita :

E poi che per la sete del martiro Nella presenza del Soldan superba Predicd Cristo, e gli altri che ’1 seguiro:

E per trovare a conversione acerba Troppo la gente, e per non stare indarno, Reddissi al fratto del} Italics erbs.

Nel crudo sasso intra Tevere ed Arno Da Cristo prese l’ ultimno sigillo, Che le sue membra du’ anni portarno.

Quando a colui, ch’ a tanto ben sortillo Piacque di trarlo suso alla mercede Ch’el meritù nel suo farsi pusilln ;

LE PARADIS. CHANT XI. 149 avec un humble cordon. Il ne se sentit pas humilié, parce qu'il était fils de Pierre Bernardone , et parce qu'il paraissait vivre dans le mépris. Il manifesta royalement à Innocent le plan de sa règle si sévère, et il obtint de ce pontife la confirmation de ses statuts. Le nombre de ses pauvres religieux continua de s’augmenter: leur vie fut si admirable que la £loire du ciel seule pourrait la chanter.

« Honorius, inspiré par l’Esprit saint, orna d'une seconde couronne le front sacré du nouvel Archimandrite.

« Bientôt, dans la soif du martyre, François alla précher le Christ et la doctrine de ceux qui le saivirent, en la présence du farouche Soudan. Ji ne tronva pas les nations müres pour la conversion, et afin de ne pas rendre ses travaux inutiles, il revint cueillir les fruits des plantes d'Italie; et là, sur un âpre rocher, entre le Tibre et l’Arno, il reçut du Christ ces marques célestes dont il porta l'empreinte pendant deux ans.

& Quand il plat à celni qui l'avait appelé à

À i frati suoi, si com’ a giuste erede, Raccomandd la sua donna piü cara, E comandà che |’ amassero a fede :

E del suo grembo |” anima preclara Muover si volle, tornando al suo regno Ed ai suo corpo non voile altra bars.

Pensa oramai qual fu colui, che degno Collega fu a mantener la barca Di Pietro in alto mar per dritto segno :

E questi fu il nostro Patriarca :

Perche qual segue lui, com’ ei comanda, Discerner poi, che buona merce carca.

Ma il suo peculio di nuova vivauda E’ fatto ghiotto si, ch” esser non puote Che per diversi salti non si spanda :

E quanto le sue pecore rimote E vagabonde più da esso vanno, Più tornano all’ ovil di latte vote.

Ben son di quelle, che temono | danno, E stringonsi al pastor; ma son si poche, Che le cappe fornisce poco panno.

LE PARADIS. CHANT XI. 15€ de si grands biens, de lui accorder la récompense qu'il avait méritée en se faisant si humble, François recommanda son épouse chérie à ses frères, comme à ses héritiers légitimes; il leur ordonna de l'aimer ardemment'; et lorque sa belle ame retourna au ciel, sa patrie, il ne voulut pas d’autre bière que la terre.

« Mais quel fat le digne collègue qui l’aida à gouverner la barque de saint Pierre dans la hante mer? Ce fnt notre patriarche. Celni qui est fidèle à la règle de ce dernier, voit bientôt qu'il charge une bonne marchandise ; mais ses saccesseurs sont si avides d’une autre nourriture, qu’il est difficile qu'ils échappent aux écueils qui peuvent se rencontrer sous leurs pas; et quand les brebis vivent ainsi sans ordre et vagabondes , elles n’ont plus de lait lorsqu'elles reviennent au bercail. Ilenest qui redoutent le péril et se serrent contre le pasteur, mais elles sont en petit nombre ; pen de laine suffit pour les couvrir.

« Maintenant ,siines paroles nc sont pas obs-

152 IL PARADISO. CANTO Xl.

Or se le mie parole non son fioche, Se la tua audienz2 è stata attenta, Se cid ch’ ho detto alla mente rivoche,

Ja parte fia la tua voglia contenta :

Perchè vedrai la pianta onde si scheggia, E vedrà il Coreggièr che s’ argomenta

U” ben s’impingua , se non si vansggia.

cc0,00006e

LE PARADIS. CHANT Xi. 153 cures , si tu m'as écouté avec attention, et si tu te souviens de tout ce que je t'ai dit, tu dois être en partie satisfait, tu sauras dans quel bois j'ai taillé, et celui qui porte la courroie, comprendra la justesse de ce raisonnement :

On trouvs uns nourriture délectable , si l’on renonce aus vanités de la vie.

tORES.

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