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NOTES DU CHANT XI. a3t
Pac. 143, Lio. r. — L'esprit qui m'avait d’abord parlé , etc.
Saint Thoma; d’Aquio.
Pau. 143, Lo. 8.—Je t'ai parlé plus haut de da nourriture délectable et de cet homme après lequel 17 ne s’en est pas élevé un second.
Je t’ai parlé plus haut de tout le bonheur que peuvent espérer les agneaux de Dominique, s'ils renoncent aux vanités de la vie ;jet’ai parlé ensuite de cet homme en qui Dieu mit une telle sagesse, qu'aucune autre ne lui a été comparable, c'est-à-dire Salomon. — Ici il faut bien distinguer ces propositions. — Saint Thomas d'Aquin répondra d’abord à la première proposition qu’il a avancée; il expliquera plus tard pourquoi Salomon eut une sagesse qui ne fut pas égalée. Le poète vient de faire entendre en quelque sorte qu’il va présenter un panégyrique du fondateur des Dosninicains : en effet, il fait dire à saint Thomas d’Aquin , que Dieu daigna accorder a l'Église deux guides secourables, Francois et Domi. nique. Tout à coup, par une transition rapide, il s'attache seulement à offrir l'éloge de Francois: ce sera saint Bonaventure, Franciscain, qui fers l’éloge de Dominique dans le chant suivant.
232 NOTES DU CHANT Xl.
Pas. 143, Li0. 18.— L'un fut rempli d’une ardeur séraphique.
Saint François.
L'autre eut en partage toute la sagesse des chérubins.—Saint Dominique.
Pas. 145, zic. 1. — Entre le Tupino , etc.
Ici commence l'éloge de saint François. Le Tupino est une petite rivière près d'Assise. L’onde qui tombe de la colline, etc. est l’eau de la Chiasi, qui descend de la montagne où s’était retiré saint Ubald, dans le territoire d’Agobbio. La porte qui de Pérugia conduit à Assise, s’appelait la porte du Soleil. Nocéra , ville, et Gualdo, château. sout situés de l’autre côté de la montagne, et exposés quelquefois à des vents furieux.
Pac. 145, Lie. 9. — Un soleil semblable à celui où je suis maintenant et que l’on vnit quelquefois sortir des eaux du Gange : si l’on veut parler de ce séjour , qu'on ne l’appelle pas Assise, mais qu'on le nomme précisément l'Orient.
Le poëte compare saint François au soleil , et il
veut qu'on appelle l’Orient l'endroit où est né ce religieux. Cette comparaison pourra ne pas plaire à beaucoup de lecteurs français. Les commentateurs ne sont pas d'accord entr’eux sur l’idée qu’on doit se former de cette hardiesse poétique. Grangier se contente de dire :
+ Puisqu'en ce lieu est né le soleil qui apporta la lumière aux hommes assoupis par les ténèbres de l'ignorance et par les perverses hérésies, leur mon-. trant le chemin pour aller au ciel aysément, ce n’est pas Assise, mais Orient. »
( Grangier , Paradis, pag. 246.)
Venturi s'écrie : Concetto di tre quattrini ( pro verbe qui rénond à peu près à celui-ci, propos de trois sols ). Îl ajoute : « Je ne le cède à persoune en estime pour ce poète incomparable, et je crois l’avoir suffisamment prouvé, quand j’ai entrepris l’ennuyeux travail de ce commentaire ; cependant je ne crois pas devoir dissimuler les petites taches de ce soleil ; je dirai ainsi, pour ne pas quitter l'allégorie dont se sert le poète lui-même dans ce passage. »
Lombardi trouve que cette réflexion de Venturi est déplacée, et il dit plus bas : « Si le Dante appelle avec raison saint Francois un soleil (et en effet il l'appelle ainsi avec très - grande raison }, si saint Bonaventure, dans la vie du saint patriarche d'Assise , lui applique ces paroles de l’Apocalypse , Vidi alterum angelum ascendentem ab ortu solis, habentem signum Dei vivi, le poète demande avec fonde.
ment qu'on n’appelle pas Æssise , mais l'Orient , le lieu où est né saint Francois. -
M. Portirelli, qui n’a pris parti ni pour Venturi, ni pour Lombardi , borne son commentaire à ces mots : « Le Dante comparant saint Francois au soleil , appelle l'Orient le 1ieu où est né ce saint. - Il est certain que pour les personnes qui ont approfoudi le style bardi du Dante, cette comparaison ne doit pas beaucoup étonner.
Saint Thomas dit : « Un soleil semblabie à celui où je suis maintenant. - 1l ne faut pas oublier qu'il est dans ce que le Dante appelle la planète du s0leil. Le soleil , dans l’été, semble sortir des eaux du Gange, c'est-à-dire se lève , relativement à l’Italie, daus la partie des Indes orientales où coule le fleuve du Gange.
Pao. 145, 116. 14. — Ce soleil, etc.
Saint Francois. — Malgré la répugnance de son pere. — Malgré son pere Bernardone, marchand de laines à Assise. — Cette femme, etc. — La pauvreté. Les hommes n'aiment pas plus la pauvreté que la mort.
Voici des détails sur saint Francois , qu'on trouve dans l’Æ#brègé de P Hist. eccliésiast. tom. v, pag 542: « François naquit à Assise en Ombrie, l'an 1182. L'enfant fut nommé Jean au baptéme, mais on lui donna ensuite le surnom de François. a
NOTES DU CHANT xI. 335 cause de la facilité avec laquelle il avait appris la laague française, nécessaire alors aux Italiens pour le commerce, » — Cette femme, veuve de son premier époux. — Veuve de Jésus-Christ.
Pac. 147, 110. 3. — À Amiclas, etc.
Amiclas, pêcheur qui recut Jules - César dans sa barque , et le transporta d’Epire en Italie.
Pharsale de Lucain , chant v.
Pac. 147,116. 8. — Sur la croix dont Marie avait embrassé le pied.
La pauvreté était montée sur la croix avec Jésus- Christ son époux, tandis que Marie , propre mère de Jésus. Christ , s'était contentée d’embrasser le pied de la croix.
Paca. 147, Li1a. 13. — Leur concorde, leurs visages d'allégresse, etc.
L’amour mystique emprunte quelquefois tout le langage de l’amour physique.
Pau. 147 ; LG. 15. — Le vénérable Bernard.
« Bernard , un des principaux citoyens d'Assise, résolut de quitter le monde, et demanda conseil à
saint François pour exécuter son dessein. « Cest à Dieu , répondit saint François, qu’il faut ke demander. » Ils edtrèrent donc dans l’église de Saint - Nicolas , et après avoir prié, François ouvrit trois fois le livre de l’évangile. La première fois, il trouva ces paroles : « Si vous voulez être parfait, allez, et vendez tout ce que vous avez.» La seconde fois : « Ne portez rien en voyage. » La troisième fois : « Que celui qui veut venir après moi, renonce à soi-même ; qu’il porte sa croix, et me suive. - Voilà, dit le saint homme, ma règle et celle de ceux qui voudront se joindre à moi. Allez, et faites ce que vous venez d'entendre. |
« On voit ici un reste de ce que l’antiquité appelait Le sort des saints; mais la simplicité et la foi de François rectiaient ce qu’il pouvait y avoir de blémable dans sa conduite.
« François envoya Bernard prêcher avec Pierre dans la Romagne, et il l’envoya ensuite dans la Marche d’Ancône avec le frère Gilles. » (Æbrégé de PHist. ecclésiast. tom. v, pag. 546, 547.)
Pa. 147, Lto. 20.— Égide se déchausse, Sylvestre se déchausse, etc.
« Egidius , en français Gilles, le troisième disciple de saint François , fut un de ceux que ce saint envoya en Afrique. C’était un homme simple et sans lettres. Il avait unetelle ardeur pour le travail des
mains, qu’il prit la résolution de ne vivre que de ce qu’il gagnerait , et l’exécuta. Étant à Rome en r212, tous les jours, après avoir entendu la messe, il alait à une forêt éloignée de cinq quarts de lieue, d’où il apportait sur ses épaules une charge de bois, qu'il vendait pour en tirer sa subsistance. Gilles, envoyé à Tunis, ne put réussir dans sa mission, et il retourna vers saint François, qui l’estimait si fort, q'il disait de lui aux autres frères: Voilà notre héros. » ( Abrégé de l'Histoire ecclésiast. tom. v, pag. 562, 563.)
Sylvestre suivit aussi saint François : il était déjà prêtre, quand il s’attacha à ce saint.
Pas. 149, ie. 1. — Avec un humble cordon.
Nouvelle querelle entre Venturi et Lombardi,
Venturi observe que capestro veut dire, la rorde avec laquelle on lie les animaux, ou celle avec laquelle on pend les hommes, et il remarque que cette expression est peu obligeante. Lombardi répond qu'on lit dans la vie de saint Françuis , par saint Bonaventure, chap. v,que François appelait son propre corps un dne , et voulait qu’on le traität comme tel. M. Biagioli appuie l’opinion de Lombardi.
Pac. 149, Lie. 3.— À Innocent.
Au pape Innocent Ill.
Pac. 149, LiG. 10. — Honorius, etc.
Honorius III permit aux religieux de saint François de recevoir l’ordre de la prêtrise.
Du nouvel Archimandrite. — Archimandrite, mot dérivé du grec Âgtuavôpirn, chef de bercail.
Paa. 149, u1a. 30. — Entre le Tibre et l’Arno.
Sur la montagne d’Alvernia, en Toscane, où saint Francois reçut les stigmates. J’ai visité cette montagne ; on y montre encore aujoui d’hui le rocher où François s'était retiré. Près de là, on jouit d’une vue qui s’étend à plus de trente lieues , et des religieux du couvent qui a été bâti dans ce site si pittoresque m'ont assuré que dans les beaux jours ils pouvaient apercevoir la mer Méditerranée à leur droite , et la mer Adriatique à leur gaucbe.
Paa. 151, zi6. 11. — Ce fut notre patriarche. li ne faut pas oublier que c’est un Dominicain qui parle ; aussi saint Thomas d’Aquin dit, notre
patriarche, c'est-à-dire saint Dominique.
Paa, 151, 110. 14.—Mais ses successeurs sont si avides d’ane autre nourriture
Voici une note très-rcmarquable de M. Biagioli.
NOTES DU CHANT Xl. 2139
« Dans ce tercet, et dans les deux terrets suivants, Dante agite san épée tranchante, et frappe, et pique celui qu'il touche, dedans, dedans le vif, et pour que les coups soient sans réponse, il fait jouer le saint , et lui se tient dans un petit coin, à écouter et à voir. »
Paa. 151, 116. 22. — Peu de laine suffit pour les couvrir.
Che le cappe fornisce poco panno.: mot à mot « peu de drap fournit leurs capuchons. + Mais le poète ne met pas cette dernière phrase en rapport avec celles qui précèdent. 11 compare les religieux à des brebis. ll dit que quand elles vivent sans ordre et vagabonces, rimote e vagabonde , elles n'ont plus de lait lorsqu'elles retournent au bercail, tornano all ovil di latte vote. Le Dante continue : « ]l en est qui redoutent le péril , et se serrent contre le pasteur,» E stringon’ si al pastor. Ma son si poche, che le cappe furnisce poco panno. Tout à coup le poète revient aux religieux , et laisse-la les brebis : mais qu'est-ce que les capuchons des religieux viennent faire à la fin de cette comparaison ? J'ai tàché d’éluder la difficulté. Le mot laine que j’ai employé , considéré corame toison ou comine drap propre à vêtir les religicux, m'a paru une expression convenable, De notre temps, le vers du Dante n'aurait rien de trop répréhensible. Il est ronstant que dans beau-
coup de pays, des amateurs enthousiastes de mérinos ont fait faire des espèces de couvertures qui mettent ces précieux animaux à l’abri de la pluie ou du froid, surtout quand on les fait voyager. Mais où nous a conduits une comparaison du Dante qui, en elle-mème, n’offre rien de ridicule et de plaisant ?