‹ Le Paradis de Dante illuminé a giornoChapitre 6 sur 23 · Yoy. Summa theoL, p. u, 1, quaest. 87, art · texte numérisé non relu

Yoy. Summa theoL, p. u, 1, quaest. 87, art

Par un de ces chemins sans avoir à passer, etc.

20. Une fois déchu par le péché, l'homme ne pouvait se relever que par le pardon ou par une expiation quelconque.

L'homme n'eût pu jamais, dans son étroite sphère, Pour le péché commis envers Dieti satisfaire, etc.

21. L'homme s'était flatté de devenir Dieu en désobéissant; or il e pouvait par lui-même s'abaisser autant qu'il avait espéré s'élever;

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il était donc incapable d'offrir une satisfaction égale à sa faute. (Voy. SrniL theoL, p. Il, 2, quaest 153, art 2, et Hugues de Saint-Viclur, EnuL theoL de sacr,, 1. i, p. vu, cap. 15; p. VIII, cap. h,)

Ou qu'il lui flûi de suivra ei Vune et Vautre voie.

22. Le pardon, ou un châtiment proportionné à sa faute, pouvait seul releirer l'homme, à moins que Dieu n'usât à ta fois de miséricorde et de juste rigueur.

La honte touveraine

Voulut tout employer à vous tirer de peine, etc,

23. Dieu étant la suprême justice et la suprême miséricorde, il se complut à les faire concourir au salut'de Thumanité, per tutte le sue vie. L'orthodoxie ne se dément pas encore ; mais patience.

Car il fut a coup surplus généreux à Dieu, etc,

2lu Dieu fit plus pour l'homme en se donnant à lui et pour lui, c'est-à-dire en subissant l'humanité, a dar se stesso, afin que Thumanité eût à se relever par elle-même, que s'il se fût contenté de pardonner.

De tout autre moyen la justice souffrait.

25. Tous autres moyens faisant défaut à la justice divine, elle ne pouvait être satisfaite que par l'incarnation du Fils de Dieu, attendu que c'était la seule victime apte â expier le forfait. (Cf. l'épltre aux Romains, in, 2U et 25, celle aux Éphésiens, u, 4, 5, et Sum, theoL^ p. m, quxst Afi, art. 1.)

....A/in que tu comprennes Les choses comme moi, nettement et sans peines,

26. Béatrice vient de parler en théologien orthodoxe et s'est placée, a?ec son habileté ordinaire, sous le patronage des doct^^rs les plus en renom, sauf à les signaler plus tard comme adhérant eux-mêmes à ses doctrines. Ses précautions prises sous ce rapport, elle tourne court ici pour revenir à son point de départ, afin d'arriver à une conclu^on hétérodoxe, qui amènera chez Dante une manière de voir eu tout conforme à la foi gnostico-vaudoise, per chè tu veggi li cosi c<m' 10, comme moi, l'hérésie personnifiée.

.... n tembU, àneie point tromper, Qu'à la corruption ils devraient échapper,

27. « Ce qai dérive immédiateaient de Dieu n'a poiat de Qn. >* Le venin hérétique, on va le voir, se cache sous cette proposition inoffensive en apparence.

Mais quant aux éléments, par toi tout bas nommés, D*une essence créée ils ont été formés,

28. La Genèse nous dit pourtant : « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre » et non pas Dieu donna mission à une viriù creata de tirer du néant les autres et les éléments.

Or Vdms de la brute et celle de la plantet Produit potentiel, etc»

29. Di complession potentîata, c'est-à-dire opuvre d'agents inférieurs, exerçant de seconde main la puissance créatrice, attendu qu'ils n'avaient, en termes d'école, que la faculté, potentia, de recevoir non celle de donner. Or la matière en général, la terre et les astres, comme aussi Taction qui en dérive, sont l'œuvre de ces agents inférieurs, Creata fù la materia^ creata ru LA virtu informante, l'anima (togni bruto e délie piante.

Et de là même encor tu déduiras sans peine La résurreclion de la c/witr, etc.

30. (Voy. Summa TheoL, pars I, quaest 92, art. 3, k,) Rien de moins orthodoxe, quoique s'appuyant en majeure partie sur la doctrine Thomiste, que cette explication de la bienheureuse Béatrice. Qu'on veuille bien se reporter au texte de la Genèse, et Ton n'en doutera pas. C'est Dieu lui-même, sans intermédiaire, qui crée nonseulement la lumière, et le ciel et les astres, mais encore l'eau, la terre, les animaux et enfin l'homme. Toutes ces œuvres sont eufantées k sa voix et sortent pour ainsi dire de ses mains. Ce n'est pas ainsi que l'entend Béatrice. Dieu n'a créé directement que les auges, le monde des intelligences, paese sincerOy et l'âme humaine; mais les éléments,Teau, l'air, la terre, le feu et tous leurs composés, tutte lor misture^ sont l'œuvre d'un agent créé , da creata virtu son infor^ mati; il en est de même de la vie ou de l'âme des bêles et des plantes, et, a plus forte raison de leur substance matérielle. Béatrice admet donc, contrairement au récit mosaïque, un créateur en sous-ordre, un Démiurge, dont le monde inférieur est l'ouvrage. Elle professe donc

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les doctrines des gnostiques et des manichéens, qui, divisés sar tant d'autres points, sont d'accord sar les deux principes de l'émanation oa déploiement des facultés de l'Être Suprême dans le monde intellectuel, et de la création du monde matériel par une puissance créée, rtWù creatcu {Voy, Matter, HÙL du gnosticisme.) C'est ce dont Oianam n*a en garde de s'apercevoir. Gomment aurait-il douté de l'orthodoxie de Béatrice, déclarant que Dante « peut conclure do ce qu'elle vient de dire la résurrection? »

Mais il aurait dû réfléchir que argomentar signifie discuter pour ou contre, et non pas conclure, et que Dante dit vostra resurrezian, en se gardant bien de parler de celle de la chair. Or, après avoir posé en principe que ce qui émane de Dieu sans intermédiaire, senza mezzo distilla, le mot vaut qu'on le note, est Impérissable, elle ajoute qoe, d'après la manière dont fut faite la chair de nos premiers parents, son fidèle peut se prononcer ponr on contre la résurrection* Eh bien, il dira oui, s'il s'en tient au texte de la Genèse; il dira non, s'il admet les prémisses [gnostiques posées par elle-même. £u effet, rbomme, formé de limon, c'est-à*dire de terre et d'eau, serait un composé de deux éléments, un mélange, mùtura^ une de ces choses qu'ils servent à former, quelle cose che di lor si fanno. Le corps de rhomme n'anrait donc pas été formé par la main de Dieu, que l'on ne saurait concevoir mettant en œuvre des éléments produits par une autre puissance que par la sienne. L'homme serait donc, quant \ la chair, la création du Démiurge. 11 ne faudrait donc pas croire à la résurrection de la chair, mais seulement à celle de l'âme, la chair n'étant que matière, et la matière, principe du mal, dans tous tes systèmes gnostiques, non créée par Dieu , étant indigne d'être admise dans le monde des intelligences. Telle nous parait en réalité le fond de la pensée de Béatrice. Il lui fallait donner la couleur orthodoxe aux étranges propositions qu'elle venait d'émettre assez librement, et elle s'en est tirée, avec son adresse habituelle, en rejetant à la fin de la tirade nn trait qui pût satisfaire à la fois et les catholiques et les sectaires ; les uns et les autres demeurant libres de conclure ii leur gré an sujet de la résurrection, argomentar la resurrezione^ c'est* à-dire de se prononcer pour ou contre; mais en ayant eu soin de ne fournir d'arguments qu'à ceux dont la doctrine se refusait à admettre celle de la chair.

L'homme a été créé par Dieu, s'est dit Ozanam, donc Dante croyait à la résurrection de la chair et professait le plus pur catholicisme. L'homme fut l'œuvre du Démiurge, disaient les adeptes], son corps

fait de la terre, d'éléments créés de seconde main, est destiné à périr, a ventre a corruzione, sou âme seule, émanée de Dieu directement, spirata senza mezzo, jouira d'une vie immortelle. {Voyez, sur la doctrine du Pneuma, Matler, déjà cité.) Et voilà comment le papillon orthodoxe savamment arboré a fait passer à travers les siècles, aux applaudissements du monde catholique, la contrebande de guerre destinée au triomphe de l'hérésie.

Le nwnde crut longtempi, à son péril extrémCj etc.

1. liO monde évangélique, le monde nouveau, est bien revenu des préjugés astrologiques basés sur le système de Ptolémée, et il les rejette fort loin. L'étoile de Vénus a changé pour lui du tout au tout; elle ne répand plus les feux du fol amour, bien au contraire*, elle aide à la propagation de la religion du saint amour, principe de toute sagesse et de tout bien ; cet amour-là ne s'est jamais assis au girou de Didon ; par lui le ciel de Vénus est sanctiGé, il est devenu, grâce à la Gaie science, dans laquelle il joue un rôle non moins important que la lune grammairienne et Mercure dialecticien , le ciel de la rhétorique ; en effet « Vénus, c'est Danie qui parle, est des plus agréables à voir pour la clarté qu'offre son aspect et pour ce qu'elle apparaît le matin et le soir. Or la rhétorique réunit ces deux propriétés, car elle l'emporte en doux agrément sur toutes les autres sciences, tel étant son but principal. Elle apparaît au matin, quand le rhétear parle en face de l'auditeur (c'est-à-dire lorsqu'elle n'est pas gênée par la présence des profanes), autrement elle apparaît le soir, c'està-dire hors de sa présence, cioè rétro, quand la lettre parle (l'écriture) au lieu et place du rhéteur, par la partie qu'elle a soin de tenir sous-entendue, quando la lettera per la parte remota si parla per lorettorico. » (Conv. il, 1^.) Tout ce verbiage embarrassé est certes assez éloquent pour qui veut le comprendre. Au reste, nous allons voir l'application de ces procédés de la rhétorique , art tenu en non moins grande estime que la dialectique dans l'école sectaire, comme il appert des divers rituels delà maçonnerie ; car Dante a soin de prévenir que son point de départ est Vénus, da costei priticipio pigUo, la Vénus rhétoricienne de la Gaie science, bien entendu.

Bn voyant autsitât Béatrice plus belle.

2. Pins l'înîtié s'élève dans la prc^rcssiou 'des degrés qui le rapprorhent de la lamière suprême , plus son esprit s*éclairc et plus son âme s*erobellil. Quant à Béatrice, il n*y a point à s'étonner qu'elle acqoierre plus de beauté ; elle le doit aux mille et une ressources que loi offre la rhétorique , véritable arsenal de toilette , inépuisable en lait de leggiadria, ou vérité mixte. {Voy. la Ganz. Poi ch'Amor del mto mi ha lasciato, et page 362 des RévéL)

Selon leur vision de la splendeur première.

3. Les deux personnages qui vont se succéder dans cette mise en scène, nous expliqueront l'allusion renfermée dans ces vers. Par eux nous comprendrons comment une étincelle passagère dans le troubadour Foiquet, peut se distinguer d'une flamme durable comme celle du roi de Hongrie, de même que la voix qui va et vient capricieusement se distingue de celle dont l'intonation est ferme et soutenne, quando una è ferma e Caltra va e riede, le tout selon la manière d'envisager les choses éternelles, al modo di lor vîste eieme; autrement dit, selon leur foi religieuse.

La ronde qui commence aux plus hauts Séraphins.

4. C'est en effet aux Séraphins que commencent, par en hapt« les treote-trois degrés de l'Écossisme^ nombre égal à celui des chants dans chaque cantique de la trilogie Dantesque, comme aussi aux trente-trois compositions poétiques dont se trouve émaillée la Vita nuoûa. Tous ces Esprits s'empressent d'accourir au-devant du poète, parce qu'ils voient en lui un frère ayant comme eux répudié la religion de haine, qui glace le cœur, fredda nube.

D'un si suave accord les autres commenc^ent A chanter Hosanna, ete»

5. Gomment Dante n'aurait-il pas désiré entendre retentir de nouveau dans les rangs des siens le chant de triomphe 7 DiHudir non fui sema disiro.

L'un d'eux ïinstant d'après s'approcha davantage.

6. Le roi de Hongrie, Charles Alartel, fils de Charies II, roi de Naples, et de Marie de Hongrie. Dante avait connu, soit à Florence

(PosL Gaet), soil à Naples, ce jeune prince qui mourut en 1293, âgé de 23 ans.

De U Gom^Xaire en toui nout noiM «Vk^entront»

7. Ttati sem presti al tuo piacer^ perché di noi tu giai, dispose de nous pour le plus grapd avantage de la Gaie science.

Naguère tu disais : < Vous dontt sublime agent, Meut le troisième ciel Vesj^ril intelligent. >»

8. Soit que le jeune prisée napolitain fût initié en effet aux mystères de Fassociation sectaire» ce qui expliquerait l'affection de Dante pour Tun des fils de Charles II. lorsqu'il ne cesse de poursuivre l'autre de sa haine, soit que le rusé gibelin eût cru mieux, dérober aux regards de reonemi ce qu'il lui convenait de laisser entrevoir au sujet de l'organisation de la secte, en donnant la parole à un prince de C/ette maison d'Anjou, si zélée pour les intérêts guelfes; toujours est-il que Charles-Martel commence par s'exprimer en initié parfaitement informé du lien commun qui unit les frères des différents grades, au point de n'en former qu'une chaîne, une ronde, giro, mue par une même volonté et marchant d'un même pas vers un même but, d'un girare, d'un giro e d'una seîe. Cette ronde commence aux plus hauts Séraphins, alti Serafim, qui sont les princes célestes, principi ceUsti, et finit aux derniers rangs du ciel. Or, il se trouve aussi que certains dignitaires inférieurs de la maçonnerie écossaise, qui prétend remonter aux Templiers, et dont Zerbiii, le prince écossais, l'amant d'Isabelle de Galice, est la personnification dans le Roland furieux, s'intitulent aussi princes, princes de Mercy; que leur assemblée ou chapitre a nom le troisième ciel, qu'ils ont pour symbole ou palladium une statue de la Vérité , revêtue comme Béatrice des trois couleurs verte, blanche et rouge, que leur Vénérable, portant une flèche en main et sur la poitrine un cœur dans un triangle, est une personnification de l'amour; que le nombre mystérieux de neuf, dont « Béatrice est particulièrement amie, • Béatrice a qu'il faut appeler amour, <> dit Dante {Vita nuova)^ est aussi affecté à ce Vénérable entouré de ner//" colonnes, de neu/" flambeaux aux nei//* branches et aux neti/* lumières, âgé enfin de quatrevingt-un ans, multiple de neuf {Light on Masonry, 250, et VlUiaume, Manuel maçonnique, 1830, chez Vetier), quand Béatrice est censée mourir dans la quatre-vingt-unième année du siècle » (Vitamtova)

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C'est à l'aide de pareils rapproclMiBeiits que l'on peat parvenir à comprendra la véritable signification de la Canzane rappelée ici par le fibde Bobert II, de Naples. Car s'il fallait la chercher dans le loDg et nébuleux comnientairc que lui consacre Dante {Cono. ii), biea peu auraient le courage d'aller jusqu'à la fin. Cette composition artiCcieuae» à toqnelte il est impossible de donner une signification raisonnable en s'en tenant au sens littéral, n'est autre chose qu'une note chiffrée adressée par le poète k ses frères et à ses supérieurs Uérarcbiques pour leur déclarer, dans le langage du troisième ciel, eelui de la rhétorique amoureuse, sa résolution de substituer, dans m intérêt de salut sectaire, une figureMle rhétorique k une autre, \ i

c'est-à-dire une Béatrice dogmatique à une Béaurice erotique, figure qui ne changera que d'aspect, mais dont l'essence sera la même au Ifkdf à savoir la philosophie « ayant pour sujet matériel rintelligence, pour forme Vamotir, pour cause efficiente la vérité, pour fin cette jouissance suprême qu'on acquiert par la contemplation de la vérité, *

sa dame n'étant pas autre » (Convito). Il les prévient en conséquence ' '

qu'il va prendre dans sa Comédie les dehors et le langage d'un fervent catholique, c'est-à-dire faire le mort, en s'humiliant devant celle . i^ qu'il feindra d'honorer comme sa dame, parce qu'il aura su lui em^ prunter ses vêtements et ses insignes sacrés pour en couvrir Béatrice { amour, Béatrice vérité, Béatrice trinité {Vita nuova) , l'objet constant ; ' de son adoration comme de celle des princes célestes ou trinitàires, (Voir h traduction de cette Canzone dans les RévéL, p. 312.) i

Rien n'était donc mieux en situation que le rappel de cette déclaration, par Charles-Mdrtel, l'initié Angevin, dans le ciel de la rhéto- ' rique et de l'amour^ lorsque le plan conçu par le poète était aux trois '\ quarts mis k exécution. i

Ml^ accordait famur, loin d'y setnhUr conirair^*

9. Chaque fois que Béatrice applaudit à ce que désire son fidèle, on peut être assuré qu'il va jouer quelque mauvais tour aux ennemis de l'alfaigéiiaie templier, d« la doctrine émanatiste des Cathares.

Je demandai, lavoix empreinte de tendresse, etc. , i

10. Di grande nffetto impressa; cette grande affection ne permet '"' pas de douter qu'il existât des liens particuliers entre Dante et le

prince angevin, et la foi religieuse avait pu seule les établir, ce qu'in^diquent suffisamment ces mots : Sem si pien d'amor.

J'ai peu i)écu, fut court mon passage sur terrs.

H. Il mondo poco m'ebbe. Ces mots offrent à dessein deux sens : Ma vie fut courte, tel est le premier qui s'offre à Tesprit; mais lorsqu*on sait que le inonde, dont Satan est le ffrince, signifiait poar les sectaires TÉglise orthodoxe, on comprend que Dante a Toala faire dire à Charles Martel : J'ai suivi peu de temps la foi romaine; et noDs avons là un indice éloquent de Tafliliation du roi de Hongrie à Talbigéisme. Qui sait même si sa conyersion n'était pas Tœuvre de Dante, dont la tendre affection pour lui serait ainsi expliquée; si, de plus, cette conversion n'aurait pas été préparée par le séjour de ce prince en Espagne, où ralbigéistte avait fait de grands progrès, snrtoot en Aragon, en Catalogne, en Léon, en Navarre? (Schmidt, i» 368.)

Beaucoup de mal sera qui n'aurait pas été,

12. Robert II d'Anjou ne serait pas monté sur le trône de Naples, à l'exclusion de son neveu, fils mineur de Charles Martel, par la protection des pontifes romains; il n'aurait pas eu à reconnaître leurs bons offices en prenant parti contre Henri VU, l'empereur bicn>aiiné du poète, qui voyait en lui le sauveur de l'Italie, son Messie, son Christ, sacrifié comme le Fjls de Dieu par Caïphe et Judas. {Enf. xxui). Tout ce mal-là ne se fût pas accompli si Charles Martel avait ceint la couronne.

Cbmme est caché Vinsecie en $ûn réseau de soie.

13. Ce réseau de joie, qui dérobe les bienheureux aux regards, n*est autre que cette adomezza, leggiadna ou belle parole de rhétorique, si vantée par Dante dans la Canzone, Poich'amor del tutto mt ha lasciato, filet habilement tissé à l'aide du gai savoir pour défendre les adeptes contre la curiosité des profanes. {Voir p. 302 des Rev.)

Mon amour t'eût fait voir bien plus que du fe^UUage.

lA. Tu en aurais vu les fruits dans le zèle que j*aurais déployé pour le triomphe de la foi albigeoise et la ruine de la tyrannie tbéocratique. Nous allons comprendre comment Thérltier de la maison d'Anjou aurait pu donner à l'Italie un chef capable d'anéantir la puissance des Papes.

Pour souverain un jour m'attendait le pays, etc. * -^^

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