La Sicile
• ...Si d* ignobles excès N'eussent fait, criant mort, courir Palerme entière,
19. Comte de Provence, roi de Naples et de Sicile du ciief de Dioa père, roi de Hongrie du chef de ma mère, marié à la Glle de l'empereur Rodolphe d'Autriche, mes enfants réunissaient le sang goelfe et le sang gibelin ; mes possessions en France, en Italie, en Allemagne m'auraient assuré une puissance capable de me valoir la prépoudérance sur Rome, car je n'aurais pas tyrannisé les Siciliens au point de les pousser à la révolte; nul plus que moi n'eûtété dès lors apte à rapprocher les deux partis rivaux, à mettre fin à une lutte impie, entretenue par la politique romaine, et h reconstituer cet Empire universel qui seul peut délivrer Tltalie du joug sacerdotal. Tel est le coinmenlaîre de ces deux vers adroitement jetés en avant : « Beaucoup de mal sera qui n'aurait pas été » et « Mon amour t'eût fait voir bien plus que du feuillage; » c'est-à-dire : fidèle d'amour comme loi, je t'aurais fait voir les fruits de nos doctrines communes dans le u*iomphe de Béatrice, que tu as appelé un bel porno; le germe pv toi semé aurait fructifié.
Mon frère^ s'il était moins aveugle, aurait fui De ses ehers Catalans la cupide indigence.
20. RobiTt II, retenu sept ans en otage avec son père, s'était lié en Catalogne avec de pauvres hidalgos qui, Tayant suivi à Naples, s'y engraissaient aux dépens du peuple, en exploitant son penchant à thésauriser. Lorsqu'il fut nommé capitaine de gtieire par les Florentins, il envoya dansicur ville ses condottieri espagnols, masnada
di trecento cavalieri Araonesi e Caialani, dit Vinani, e moiumugaveri (Almogavares) a pie, la quale fu molto bella gente. viii, 82. Corso Donati fut tué par des cavaliers de cette bande, qui coûtait beaucoup au roi de Napics. (Voy. Registrum régis Roberti, 1311, O. f. 6, ArcL R. Nap,)
Quand sa barque a déjà trop de charge à porter,
2i. Chargée qu'elle est du poids de ses iniquités.
Né d'un sang lihiral^ lut serait nécessaire, etc.
22. La justice que rend ici Dante à la libéralité de Charles II d'Anjou, n'a pour objet que de faire ressortir l'avarice de Robert, digne allié, sous ce rapport, de cette louve dévorante alla bramosa voglta, che dopo 'l pasto ha più famé che pria.
Comme je me complaiSt mon cher sire, à penser Que tu vois, où tout bim commence et se termine^ etc.
23. Traduisez : Convaincu que tu envisages ainsi que moi la Gaie science comn)e la source et le but, l'alpha et l'oniéga de tout bien, c'est-à-dire de tout ce qu'embrasse B. EN. ou Béatrice-Enn'co, j'en suis d'autant plus heureux de t'entendre stigmatiser ainsi la politique de ton frère. Nouvelle preuve de l'albigéisme du prince de Napies.
El d'autant plus qti'en Dieu tu la vois dans mon cumr,
24. En Dieu tout amour et justice, tel qu'il est entendu dans notre communion politique et religieuse, nosira fede; aussi ton gai langage in ha fatio lieto, m'a confirmé d'autant plus dans les doctrines du gai savoir.
Ap^)rends-moi donc comment.,..
D'une douce semence un fruit amer peut naUre.
25. Comment l'avare Robert a-t-il pu avoir pour pèce le libéral Charles II et pour frère le généreux Charles Martel ?
.... St je parviens à te faire apparaître Une vérité, frère, etc,
26. On va voir que la vérité exposée par le prince initié se réduira à une démonstration sectaire.
Le bien en ce roya^mt om tm franchis Vcspacê^ ete,
27. Nous'rctrouTODS encore ici dans h lettre la doctrine de l*éiiia- . nation et celle des forces gnostiques, <^cvap<(?, mot que Dante traduit ^ p virtù^ et Ton comprend que, dans ce système, les influences sidérales eussent à jouer un rôle important. Mais dans Tcsprit, il s*agit uniquement de ce B.EN. résumant les deux principes politique et religieux régissant le ciel sectaire et les différentes branches de la science qui en étaient les autres. {Conv. ii.) Celait la providence impériale, désignée par le mot Nature, qui impritpait la direction à ces graads corps, car Dante leur donne bien réellement ce nom : la dialetiica è minore net suo corpo che nuW aUra scienza. C'était elle qui leur donnait force et vertu, fa esser virtuie.
AtMi non-seuXemeni cette jpensée immense, De soi parfaite, etc,
28. Ce B.EN., type de toute perfection, pourvoit non-seulement, comme Providence ou Nature, à la bonne direction des sciences ou des cieux, corpi grandi, d'où la lumière se répand sur les fidèles d'amour, mais il veille encore à ce qu'elles n'aient pas ) s'altérer par an mélange adultère avec les doctrines orthodoxes, fa esser virtute sua prawidenza, attendu qu'elle est parfaite, ou cathare, è prfetta da se.
Comme à son hutfréeis Jaflèiche qui s^élance,
29. La Providence impériale n'agit que dans un but arrêté et non pas capricieusement, comme la Papauté, que ne dirigent ni la justice ni l'amour.
S'il n'en était ainsi le ciel que lu parcours, eto,
30. Autrement ses effets ne se manifesteraient plus par les sept arts, étoiles ou nymphes, dans te ciel de la science que tu vas parcourant, non sarebber arti; elle n'enfanterait que des ruines comme Semiramis, la prostituée de Babylone, conduisant ceux qui la suivent, alla ruina.
£| lui^inéme, failUhle en premier, U Très-Haut, etc.
l\. Il n'en saurait être ainsi; sans quoi il faudrait admettre que les wèi-excelletus anges chargés de présider à chacune des branches do gai savoir, peuvent être en début et, en premier, le suprême
archiieclc, directeur du Grand-Orient; toutes propositions hérétiques dans le Temple.
....On ne saurait adniellre, que de soit J^ait }>as chaque nature à sa lâche à suffire.
32. Vous le voyez, la Nature est infatigable, impossibil cke stanchi, à bien faire , suit par elle-même, soit par les très-excellents anges, che, intendendo, i cieli movono, et que le grand architecte a choisi parmi les Parfaits, gli ha perfetti.
,,.. Serait-ce un destin pire Pour l'homme si iur terre il n'était citoyen?
33. Pensez-ious qu*ii fût bien nécessaire de remonter si haut dans le ciel pour en venir à pareille question ?
Non, à croire le maUre en ce qu'il écrivit,
Zh. Au moyen âge, le maître par excellence était Arîstote. (Voy. Politique, lib. I, cap. i, et lib. Il, 2.) Le maître veut donc que chacun fasse son métier et que les prêtres ne se mêlent pas de gouvernement, de guerre, etc.
L'un naît donc là Solon, un autre jci Xercès, etc.