‹ Le paradis retrouvéChapitre 6 sur 43 · QUE ME VEUT-ON · texte numérisé non relu

QUE ME VEUT-ON

Tous les miens sont partis... Foyer de ma jeunesse, Toi seul les fais revivre un peu,

Mais ce brumeux bonheur, cette fumée, ah! n^est-ce Qu'un peu de paille sur du feu ?

L'incendie inquiet qui toujours me dévore

A vite fait de consumer Cette pauvre moisson fauchée à mon aurore...

Je regarde mes ans fumer.

Je revois la maison, le vieux four de mon père,

Je lis yirgile, j'ai la foi, Et sens que refleurit, plus drue et plus prospère,

La France en deuil autour de moi.

J'entends mes compagnons dans les cours de l'école, Nos grands combats au fond des bois,

Quand nous allions rêvant de Sedan et d'Arcole, Dans l'étude, je nous revois.

Les yeux tournés vers l'Est où la Gloire se couche, Les poings crispés sur nos cahiers,

Mâchant, comme jadis on mordait sa cartouche, Des vers d'Hugo pleins de lauriers.

Oh I comme, déchirant notre honte voilée.

Nous agitions notre chapeau Lorsque nous souriait la Revanche étoilée

Et que passait quelque drapeau I

Où sont-ils, tous ces jours chantants de ma jeunesse, Tout cet élan des cœurs français ?

Chaque aube, se peut-il que le soleil renaisse Entre tes bras toujours blessés,

0 ma mère, aux pieds d'or, aux grands fleuves paisibles,

0 ma France, au large chemin, Où sans cesse l'on sent circuler invisibles

Tous les courants du cœur humain.

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