‹ Le parapluie de l'escouadeChapitre 27 sur 35 · POSTHUME · texte numérisé non relu

POSTHUME

para de nous. Le poker devint noire seul dieu.

A notre table, au lieu des tranquilles causeries d'antan, retentissaient: Tenu!... Plus cent sous!... Deux paires au roi!... Ça ne vaut pas une quinte à la couleur!

Un soir, le Raffineur vint sans Lucie

— Et la mère Moreau"! demanda-t-on en chœur.

— Elle est à Clamart, chez une de ses tantes qui est très malade.

La tante de Clamart nous inspira à tous un doux sourire.

Ce soir-là, le Raffineur gagna ce qu'il voulut. Nous échangions des regards qui signifiaient clairement:

— Quelle veine de cocu !

Mah le Raf fineur éiàit si gentil qu'on évitait soigneusement de lui faire de la peine.

Le lendemain, Lucie revint. On s'informa avec une unanimité touchante de la santé de sa tante.

— Un peu mieux, merci. Mais il faudra beaucoup de précautions. D'ailleurs, je retournerai la voir jeudi.

Le jeudi, en effet, le Raffineur arriva seul. Sa veine de l'autre jour lui revint, aussi insolente. Lui-même en était gêné. Il nous disait à chaque instant :

— Vraiment, mes amis, ça m'embête de vous ratisser toute votre galette comme ça.

Pour un peu, il nous l'aurait rendue, notre galette.

Les visites à la tante de Clamart devinrent de plus en plus fréquentes, et toujours coïncidaient à une incroyable veine pour le Raffineur.

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