‹ Le parasite comedie en un acte, en versChapitre 5 sur 29 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les mêmes, cachés; MYRRHINE, s’avance vers la statue de Vénus en regardant, comme l’a fait Lampito, tout autour d’elle avec précaution.

MYRRHINE

Déesse au cœur changeant comme l’onde ta mère.

Toi dont le sein, pétri d’une écume légère,

Semble nous indiquer notre fragilité.

0 Cypris, gnrde-moi de l’inOdélitA!

Rieij (pi’hnbilant les deux, tes désirs sont les nôtres; Ail! suuviens-toi de MarsI...

ÉAOUE, Mch«.

Sans oublier les autres.

Exauce-moi, Vénus, je t’implore à genoux;

Ramène près de moi, ramène mon époux;

Qu’il revienne bientôt, tout à l’heure, ô déesse !

11 est temps, il est temps !

Par Pülluxl cela presse.

M VRHHINE.

Et je t’immolerai deux jeunes agneaux gras!

É AQU E, tout ému.

Quoi! deux tendres agneaux ! O Cornus, quel repas I 11 faut que la déesse ait le cœur bien farouche;

J’en ai des pleurs dans l’œil, et de l’eau dans la bouche.

HYRRUINE.

Depuis qu’il est parti, songe donc que les bois Se sont déjà parés pour la cinquième fois ;

Songe que je ne sais que le nom d’hyménée.

Que, dans mes jeunes ans, je suis abandonnée;

Songe que le zéjihyr, la fleur, la nuit, le jour.

Près de moi, comme en moi, tout me parle d'amour;

Que, pour mon cœur ému, tous bruits sont des caresses Que l’ombre à des pensers, le rayon des ivresses;

Que, sans m’épanouir, je subis les printemps; Que je suis seule eniiii... et je n'ai pas vingt ans.

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