CHAPITRE PREMIER
Les mouvements convulsifs de la face
Les mouvements convulsifs dont la face est le siège ont été longtemps confondus entre eux.
A la suite des travaux de Brissaud, une étude attentive des caractères objectifs des convulsions faciales a permis d'opérer une première distinction : les tics de la face ont été séparés des spasmes faciaux.
On admet donc aujourd'hui qu’il existe deux variétés principales de convulsions faciales : les tics et les spasmes,
Les caractères des tics de la face sont suffisamment connus pour qu'il soit superflu d'y insister : ce sont des contractions généralement brusques, d'un ou de plusieurs muscles faciaux unilatérales ou bilatérales, coïncidant ou alternant avec d'autres tics de la tête ou des membres, reproduisant plus ou moins exagérés ou déformés, certains gestes fonctionnels ou mimiques : un clignement des paupières, un reniflement, une moué, une grimace quelconque, etc...
Lid es
Les contractions musculaires se produisent dans la totalité d'un ou de plusieurs muscles; le groupement de ces muscles ne correspond pas nécessairement à un territoire nerveux anatomiquement défini, ce groupement est plutôt fonctionnel. Enfin l’attention, la volonté ont une action inhibitrice certaine, plus ou moins durable sur les tics de la face, comme sur tous les tics en général.
Le spasme facial a des caractères objectifs tout à fait différents. Ceux-ci ont été analysés longuement dans une communication faite au Congrès ,de Bruxelles, en 1903.
Le spasme facial dans l'immense majorité des cas est unilatéral : c’est un hémispasme de la face. Les convulsions se produisent uniquement dans le territoire du nerf facial. Suivant les cas, elles prédominent dans le facial supérieur ou le facial inférieur. Leur forme objective est bien différente de celle des tics : au lieu de se manifester brusquement dans la totalité d’un muscle, ces contractions sont d’abord parcellaires, erratiques, puis, en se généralisant, prennent l’aspect d’une contracture frémissante. Elles sont indolcres; elles sont illogiques et inexpressives. Parfois le phénomène s'accompagne de troubles vasomoteurs, poussées de rougeur ou de sueur, superposées aux convulsions faciales; on peut même observer en dehors des accès la persistance d’un état œdémateux des téguments (hémiface succulente).
Lannois, André-Thomas, Rœsenda ont signalé également des troubles auditifs unlatéraux. Enfin, fait
capital, le spasme facial persiste pendant le sommeil. Les efforts de volonté, d'attention, sont sans effet sur lui.
Aucune confusion n'est donc possible avec un tic de la face. D’autres caractères, bien mis en valeur par M. Babinski, facilitent encore la distinction du spasme facial, notamment l'incurvation du nez, l'existence d’une fossette mentonnière et parfois des mouvements du pavillon de l'oreille du côté où siège le spasme: enfin, la contraction simultanée du muscle frontal et de l'orbiculaire des paupières au moment de l’occlusion des yeux (synergie paradoxale). Sans doute, il se présente en clinique des cas où les secousses faciales ont une plus grande brusquerie qui les rapproche, en apparence au moins, de celle de la plupart des tics faciaux. Mais cette forme de spasme facial clonique; dont Lamy a rapporté un bel exemple, n’est pas la plus fréquente. Au contraire, le spasme facial qui présente tous les caractères distinctifs énumérés précédemment est le plus commun. Il est franchement unilatéral dans la grande majorité des cas, et mérite bien alors le nom d’hémispasme facial; Babinski y ajoute le qualificatif de périphérique.
Si le spasme facial est souvent primitif, il n’est pas rare de le voir succéder à une paralysie faciale. Huet a tenté de différencier cliniquement cette forme d'hémispasme facial post-paralytique. Le principal élément de diagnostic paraît être la persistance d’un état parétique ou contractural de l'hémiface dans l’inter-