ACTE I
MAB1ELI.E, bas à Raoul.
Prenez-moi la main.
LA PlGEORfllÉRE , à part.
Dieu me pardonne , il lui pince les doigts !
* MAMELLE , de même.
Faites-moi des m’amours... dites-moi les choses les plus tendres, si c’est possible.
RAOUL , bas.
Je comprends. (Haut, avec «press om) Marielle ! Marielle ! écoutemoi, je t’en conjure!
* MARIELLE, bas.
Pas mal; à présent, mettez la main sur votre cœur.
RAOUL, eléeutaut ce mouvement.
Je sens là des battements qui brisent ma poitrine ; vos yeüx me font mourir d’amour.
MARIELLE, bas.
Allons, ferme*., tutoyez-moi...
RAOUL
Tu gardes le silence ? Oh ! dis-moi, dis-moi aussi que tu m’aimes.
La PlGEORMÉRE, à part. .
Qu’est-ce que j’entends? Ah! mon pauvre Guillaume!...
RAOUL
Air de madame FatarT.
Réponds à l’amant qui' l’adore. . .
MARIELLE, bas.
t ous allez très-bien, sur ma foi;
Mais il pourrait douter encore.
Prenez ma taille, embrassez-moi...
LA PIGEOflNlÈRE, à part.
Rapprochons-nous, j’eutends à peine...
RAOUL, à lui-même.
Au fait, quel mal a tout ceci.
, Figurons-nous que c’est Hélène.
MARIELLE, à elle-même.
Figurons-nous qu’ e’est mon mari.
(Raoul lui prend la taille et l’embrasse.)
LA PIGEONNIÈREj paraissant.
Assez! assez!
MARIELLE, feignant la surprise.
Monsieur le marquis ! (En ce moment, Guillaume et Hélène sont entrés, l’un à gauche* l’autre à droite, et ont été témoins du baiser.)
HÉLÈNE
Qu’ai-je vu!
GUILLAUME
Qu’est-ce que j’ai entendu!
HÉLÈNE, à part.
U me trompait !
GUILLAUME
Elle se moquait de moi!
LA PIGEONN1ÉRE, s'approchant de Guillaume et lui prenant la main.
Décidément, c’était bien toi, mon pauvre Guillaume.
GUILLAUME. U a démanché un balai appujé contre la forge.
Laissez-mui parler à ma femme.
LA P1GEONNNIÈRE.
Du tout; je suis le maître céans, et c’est à moi seul de faire la loi. (a Raoul.) Je suppose que monsieur le vicomte Jugera à propos de quitter le pays demain.
MAR1ELLE, à part.
Bon !
LA P1GEONN1ÉRE.
Mais, d’ici là, il me permettra d’avoir l’œil sur lui, et de le retenir prisonnier dans mon château, où je l’emmène.
MAR1ELLE, â part.
Qu’entends-je? Oh! le malheureux!
RAOUL, avec une joie contenue.
Gomment, monsieur le marquis, vous exigeriez?... Je me soumets... 1
HÉLÈNE, sérieusement, prenaut le milieu de la scène.
Et moi, je m’y oppose : après un tel scandale, monsieur le vicomte comprendra que rien ne saurait le retenir ici, et qu’il est de son devoir, de sa loyauté, de s’éloigner à l’instant même.
MARIELLE, à part.
Ah! je respire! Voilà le paratonnerre qui fait son effet.
LA P1GEONN1ÈRE.
Au fait, cela vaut encore mieux, (a part.) Marielle est à moi !
RAOUL, à part.
Oh! je ne me tiens pas pour battu.
HÉLÈNE
Quant à madame Guillaume, je lui défends de jamais se présenter devant moi.
LA P1GEONMKRE, bas à Marielle.
Gonsole-toi, je te reste. (Passant derrière elle.)
MARIELLE. I
Je suis toute consolée .
RAOUL, â Marielle, même jeu que le marquis.
Maladroite !
MARIELLE.
Vous croyez?.,.
GUILLAUME, à sa femme
Je t’aime encore trop pour te battre.
MARIELLE.
Vraiment?