‹ Le paratonnerre comedievaudeville en deux actes (volume 2)Chapitre 24 sur 49 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

MAB1ELI.E, bas à Raoul.

Prenez-moi la main.

LA PlGEORfllÉRE , à part.

Dieu me pardonne , il lui pince les doigts !

* MAMELLE , de même.

Faites-moi des m’amours... dites-moi les choses les plus tendres, si c’est possible.

RAOUL , bas.

Je comprends. (Haut, avec «press om) Marielle ! Marielle ! écoutemoi, je t’en conjure!

* MARIELLE, bas.

Pas mal; à présent, mettez la main sur votre cœur.

RAOUL, eléeutaut ce mouvement.

Je sens là des battements qui brisent ma poitrine ; vos yeüx me font mourir d’amour.

MARIELLE, bas.

Allons, ferme*., tutoyez-moi...

RAOUL

Tu gardes le silence ? Oh ! dis-moi, dis-moi aussi que tu m’aimes.

La PlGEORMÉRE, à part. .

Qu’est-ce que j’entends? Ah! mon pauvre Guillaume!...

RAOUL

Air de madame FatarT.

Réponds à l’amant qui' l’adore. . .

MARIELLE, bas.

t ous allez très-bien, sur ma foi;

Mais il pourrait douter encore.

Prenez ma taille, embrassez-moi...

LA PIGEOflNlÈRE, à part.

Rapprochons-nous, j’eutends à peine...

RAOUL, à lui-même.

Au fait, quel mal a tout ceci.

, Figurons-nous que c’est Hélène.

MARIELLE, à elle-même.

Figurons-nous qu’ e’est mon mari.

(Raoul lui prend la taille et l’embrasse.)

LA PIGEONNIÈREj paraissant.

Assez! assez!

MARIELLE, feignant la surprise.

Monsieur le marquis ! (En ce moment, Guillaume et Hélène sont entrés, l’un à gauche* l’autre à droite, et ont été témoins du baiser.)

HÉLÈNE

Qu’ai-je vu!

GUILLAUME

Qu’est-ce que j’ai entendu!

HÉLÈNE, à part.

U me trompait !

GUILLAUME

Elle se moquait de moi!

LA PIGEONN1ÉRE, s'approchant de Guillaume et lui prenant la main.

Décidément, c’était bien toi, mon pauvre Guillaume.

GUILLAUME. U a démanché un balai appujé contre la forge.

Laissez-mui parler à ma femme.

LA P1GEONNNIÈRE.

Du tout; je suis le maître céans, et c’est à moi seul de faire la loi. (a Raoul.) Je suppose que monsieur le vicomte Jugera à propos de quitter le pays demain.

MAR1ELLE, à part.

Bon !

LA P1GEONN1ÉRE.

Mais, d’ici là, il me permettra d’avoir l’œil sur lui, et de le retenir prisonnier dans mon château, où je l’emmène.

MAR1ELLE, â part.

Qu’entends-je? Oh! le malheureux!

RAOUL, avec une joie contenue.

Gomment, monsieur le marquis, vous exigeriez?... Je me soumets... 1

HÉLÈNE, sérieusement, prenaut le milieu de la scène.

Et moi, je m’y oppose : après un tel scandale, monsieur le vicomte comprendra que rien ne saurait le retenir ici, et qu’il est de son devoir, de sa loyauté, de s’éloigner à l’instant même.

MARIELLE, à part.

Ah! je respire! Voilà le paratonnerre qui fait son effet.

LA P1GEONN1ÈRE.

Au fait, cela vaut encore mieux, (a part.) Marielle est à moi !

RAOUL, à part.

Oh! je ne me tiens pas pour battu.

HÉLÈNE

Quant à madame Guillaume, je lui défends de jamais se présenter devant moi.

LA P1GEONMKRE, bas à Marielle.

Gonsole-toi, je te reste. (Passant derrière elle.)

MARIELLE. I

Je suis toute consolée .

RAOUL, â Marielle, même jeu que le marquis.

Maladroite !

MARIELLE.

Vous croyez?.,.

GUILLAUME, à sa femme

Je t’aime encore trop pour te battre.

MARIELLE.

Vraiment?

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