SCÈNE XIII
RAOUL, MARIELLE, puis LA PIGEONNIERS.
RAOUL
Eh ! que m’importe son mari, que m’importe sa famille ; il faut que je sache si je suis encore aimé...
MARIELLE.
Voulez-vous donc la perdre?
RAOUL
La perdre?
Air : Romance de la Fille du Régiment. (Domizktti.)
Illusion douce et chérie,
Rêve trop tôt évanoui,
Je m’étais dit : elle m’oublie,
Pour me venger, poür la punir j’oublie aussi ; Mais un mot, un regard m’enivre, Près d’elle, qui m’a su charmer;
Il me faudrait cesser de vivre*
S’il me fallait, s’il me fallait cesser d’aimer.
MARIELLE.
Comment, on est si fidèle que çâ dans les chevau-légers!
RAOUL
La perdre! mais je donnerais ma vie pour lui éviter un chagrin.
MARIELLE.
Eh bien, faites ce que je vais vous dire. Voilà bietà M. le marquis, cette fois; n’ayons pas l’air de le voir. Maintenant, à sa figure bouleversée, je devine qu’on lui a dit quelque chose; il a des soupçons... il faut les détruire à tout prix.
RAOUL
Je t’obéis.
LA P1GE0NN1ÈRE. Il entre vivement en disant à part.
Comment Marielle avec le séducteur!... Êcoutons-Ies... le doute ne me sera plus permis.