SCÈNE XIV
LA PIGEONNIÈRE, GUILLAUME.
GUILLAUME, frappant à la porte.
Madame Guillaume, ça ne peut pas se passer comme ça... Ouvrez-moi ou je casse la porte.
LA PIGEONNIÈRE.
Veux-tu bien te taire, brutal, ou je te fais bâtonner par mes gens.
GUILLAUME
Vos gensses! qu’ils y viennent vos gens se. Je les gruge tous comme des grains de sel. — Je veux ma femme. Il me faut
ma femme. (En ce moment on -voit Mariellc et Hélène .traverser le théâtre.)
Sortez, drôle.
GUILLAUME
Je ne sortirai qu’avec ma femme, que jj, aime encore, comme un lâche que je suis... Les agaceries de la vôtre ne me la feront pas oublier, entendez-vous !
LA PIGEONNIÈRE, surpris.
Qu’est-ce qu’il dit! Les agaceries de la mienne?..
GUILLAUME, mettant aussi la main dans sa veste.
Oui, les agaceries de la vôtre, et, pour me venger de vous, je vais tout vous dire. Elle était là il n’y a qu’un instant, madame votre épouse... elle me faisait aussi des cajoleries en veux-tu, en v’ià, madame votre épouse...
LA PIGEONNIÈRE.
Comment, malheureux ! tu as l’audace?.,.
GUILLAUME, continuant. '
Elle me répétait avec sa petite voix flùtée : Osez, osez, et, j’ai osé 1
LA PIGEONNIÈRE.
Tu vas payter ton mensonge! (il cherche à son côté «on cpéc absente.)
GUILLAUME, reculant cfTrayé.
Touchez pas..! (Riant.) Ah! il ne l’a pas... (se rapprochant et a vcc fatuité.) Je me suis contenté de lui baiser la main, à madame vot’ épouse; mais si j’avais voulu...
LA PIGEONNIÈRE, cherchant encore son épée du geste.
Ah! par exemple, c’est trop fort.
^P uis qu’on vous dit que vous ne l’avez pas... (Élevant la voir du côté de la porte de gauche.) Mariellc, je t ordonne de sortir.