ACTE I
chose que deux chaises... Nous avons un petit vin bien gentil qui se laisse boire avec plaisir.
L A PIGEONNIER^, en regardant Mariette.
Merci, mes bons amis... Chaque fois que je passe devant votre forge, je suis tenté de m’y arrêter,
MARIELLE,
C’est que, voyez-vous, tout ce que nous vous offrons, c’est d’un bon cœur.
LA PIGEONNIÈRE, avec intention marquée.
Je le sais, Marielle. t
MARIELLE.
A votre arrivée clans ce pays, qu’est-c’ qui nous a fait' construire cette forge, avec la petite maison qui en dépend?
LA PIGEONNIÉRE, de même.
Tais-toi, Marielle. (a part.) J’avais plus d’un projet.
, GUILLAUME
Et qu’est-c’ qui nous a mariés ?
MARIELLE.
Le même jour que vous, encore... notre noce marchait derrière la votre ; et le soir, tandis que vous dansiez de votre côté, nous sautions joliment du nôtre. (Elle fait quelques pas de danse.)
GUILLAUME, sautant aussi, et allongeant sans le couloir son pied dans les jambes du marquis.
M’en suis-je donné, ce jour-là î Ah! pardon, excuse!
MARIELLE.
Enfin nous vous devons noire bonheur. Est-cff qu’on peut jamais oublier ça?
GUILLAUME
Tout ce qu’on peut faire pour vous être agréable, on le fait chez nous... à preuve... j’avais un garçon forgeron qui ferrait mal vos chevaux...
LA PIGEONNIERE.
Eh bien ?
GUILLAUME
Eh bien, j’ l’avons changé contre celui-là. (i| désigne Raoul.) C'est bête, c’est lourdaud, mais ça vous tient assez bien le sabot d’un cheval, (a Raoul.) Avanée donc, toi, qu’on te voie un peu.
LA PIGEONNIÈRE, regardant Raoul qui s’avance avec crainte.
Tiens, tiens, mais il n’e3t pas trop mal, cet homme de peine; il est mieux que toi, Guillaume.
MARIELLE.
Ah ! par exemple!... (Elle tape sur les joues de son mari.) 11 n’y a pas de plus bel homme que le mien à dix lieues d’ici.
GUILLAUME, à sa femme, et lui serrant la taille.
Elle me trouve joli homme.., Amour, va; amour des amours!
HÉLÈNE, à part.
Elle est heureuse, elle aime soir mari.