‹ Le paratonnerre comedievaudeville en deux actesChapitre 21 sur 104 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

sa

MARIELLE, bas (I Rtoal.

Prenez-moi la main.

LA PIGEONNIÊRE, à part.

Dieu me pardonne , U lui pince les doigts !

MARlELLEÿ de même.

Faites-moi des in’amours... dites-moi les choses les plus tendres, si c'est possible.

RAOUL, bu.

Je comprends. (Haut, arec exçire»-<m.} Marielle ! Marielle 1 écoutemoi, je t’en conjure!

MARIELLE, ba«.

Pas mal; à présent, mettez la main sur votre cœur.

RAOUL, eiécutaat ce mouvement.

Je sens là des battements qui brisent ma poitrine ; vos yeux me font mourir d’amour.

MARIELLE, baa.

Allons, ferme... tutoyez-moi...

RAOUL

Tu gardes le silence? Oh! dis-moi, dis-moi aussi que tu m’aimes.

LA PIGEOnmÉRE, à part.

Qu’est-ce que j’entends? Ah! mon pauvre Guillaume!...

RAOUL

Air de madame FataRT.

Réponds à l’amant qui t'adore...

MARIELLE, bas.

Vous allez très-bien, sur ma foi;

Mais il pourrait douter encore.

Prenez ma taille, embrassez-moi...

-LA PIGEORMËRE, à part.

Rapprochons-nous, j’entends à peine...

RAOUL, k lui-mèmc.

Au fait, quel mai a tout ceci.

Figurons-nous que c’est Hélène.

MARIELLE, à elle-même.

Figurons-nous qu’ o’est mon mari.

(Raoul lui («read la taille et l’embrasse.)

LA PIGEONNIÉRE, paraissant.

Assez! assez! *

MARIELLE, feignant la surprise.

Monsieur le marquis ! (En ce moment, Guillaume et Hélène sont entrés, l’un A gauche, l’autre à droite, et ont été témoins dU baiser.)

' HÉLÈNE

Qu’ai-je vu!

"^GUILLAUME

Qu’est-ce que j'ai entendu!

LE FÀRATOMNERRE.

HÉLÈNE, s part.

Il me trompait ! .

GUILLAUME

Elle se moquait de moi !

. LA PIGEONNIËRE, l’approchant de Guillaume et lui prenant la main.

Décidément, c’était bien toi, mon pauvre Guillaume.

GUILLAUME. 11 a démanché un balai appuyé contre la forge.

Laissez-moi parler à ma femme.

LA PIGEONNNIÉRE.

Du tout; je suis le maître céans, et c’est à moi seul de faire lu loi. (a Raoul.) Je suppose que monsieur le vicomtejugéra à propos de quitter le pays demain.

MARIELLE, à part.

■ LA PIGEONMERE.

Mais, d’ici là, il me permettra d’avoir l’œil sur lui, et de le retenir prisonnier dans mon château, où je l’emmène.

MARIELLE, à part.

Qu’entends-je? Ohl le malheureux!

RAOUL, arec une joie contenue.

Comment, monsieur le marquis, vous exigeriez?... Je' me soumets...

HÉLÈNE, lérieuaement, prenant le milieu de la icène.

Et moi, je m’y oppose : après un tel scandale^ monsieur le vicomte comprendra que rien ne saurait le retenir ici, et qu’il est de son devoir, de sa loyauté, de s’éloigner à l’instant même. MARIELLE, à part. »

Ahl je respire! Voilà le paratonnerre qui fait son effet.

LA PIGEONNIËRE.

Au fait, cela vaut encore mieux, (a part.) Marielle est à moi !

' RAOUL, à part. „

Oh! je ne me tiens ptis pour battu.

HÉLÈNE

Quant à madame Guillaume, je lui défends de jamais se présenter devant moi.

LA PIGEONNIËRE, bai à Marielle.

Console-toi, je te reste. (pa$»ant derrière elle.)

MARIELLE.

Je suis toute consolée.

RAOUL, à Marielle, même jeu que le iiiart|uii.

Maladroite !

MARIELLE.

Vous croyez?.,.

tiUlLLAUME, à sa femme

Je t’aime encore trop jtour te b^dtre.

MARIELLE.

Vraiment?

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