ACTE î
Rire^ toujours rire,
De tout.
Et partout.
Rire de bon cœur.
Voilà le bonheur ! •
Qu’une autre soupire.
J’en ris aux éclats ;
Oui, mourir de rire.
C’est vivre, ici-bns (t).
GUILLAUME
Enfln, qu’est-ce qu’il t’est donc arrivé, tout à l’heure?
MARIELLE.
Pardine ! ce qui m’arrive chaque fois les jours de marché... Ils sont tous là à rôder autour de moi... un gros rouge qui louchonne, un petit bossu qui bégaye, et un grand secot qtii est bancroche... (lcs contrefaisant tour à tour.) « Madame Guillaume, vous m’avez donné dans l’œil. (Elle louche.) — Mam’ Guillaume, je me meurs d'a... d’a... d’amour pour vous. (Kllcbégave et lève tepauie.) — Mam’ Guillaume, je m’attache à vos |)us. » (EUe marche en boitant.) Alors, moi, je leur réponds pour nu pas faire de jaloux : vous êtes tous de grands niais, et puis je me sauve en leur riant au nez, et voilà...
RAOUL
Je le crois bien, la bourgeoise, que l’on doit joliment vous faire la cour... moi qui vous parle, depuis quelques jours que je suis ici... vrai, il y a des moments oii, si je ne vous respectais pas. .
GUILLAUME
Qu’est-ce que j’entends là ?
RAOUL
Dame.' on a des yeux!
GUILLAUME
C’est possible, mais je te conseille de te servir de tes yeux pour regardér d’un autre côté.
Pourquoi donc ? ça me plaît à moi qu’on me trouve gentille, ça me fait même du bien, et ça ne fait de mal à personne. Vilain jaloux!
GUILLAUME
Mais, madame Guillaume...
MARIELLE.
Allons, allons, le charbon brûle; à l’ouvrage, finis.sons ces fers que tu as promis au maître de poste, (a Raoul.) Toi, Gaspard, à ton soufflet, et ne dormons pas. Je vas relever mes manches pour vous donner un coup de main.
(4) On peut, à volonté, chanter ou passer les deux dernières leprises.
RAOULj à part.
Quelle petite commère!... (Raoul se met au souniot de la forge, Mariclle prend un fer avec des tenailles et le place sur l’enelunic, Guillaume frappe dessus, ainsi que Mariellc.)