SCÈNE V
MADELEINE, seule, le regardant sortir.
M. Jérôme Coquard, marquisde La Pigeonnière, quise figure qu’il peut-être aitné d’une femme jeune, noble et gentille, avec ses louis d’or ! Il a redoré l’écusson, bien; il a réparé le vieux château, ça se pouvait encore. .Mais le maril..
Air : De sommeiller. >
Au moyen de dame pislole.
On rajeunit les bâtiments.
Dn château, ça se rafistole,
Mèm’ quand il aurait deux cents ans;
Mais un bomm’, la chose est certaine,
Qu’il soit ricli’ paiiv', garçon ou veuf;
Quand il attrap’ la soixantaine,
Ça n’ peut pas se remettre â neuf!
(AUant SC rasseoir sur la causeuse où elle s'étend peu à peu.) Ah! j’ai IcS jambes qui me rentrent dans l’estomac... (commençant à se frotter les yeux.) Puisqu’il voulait se marieij l’imbécile, pourquoi ne pas prendre, comme moi, quelqu’un de son acabit... Pauvre Canardeau, quel joli ménage nous faisions 1 Je l’ai perdu trop
J eune, et je l’ai bien regretté... J’ai fait mettre sur son tomleau, en lettres à douze sous la pièce : « Ta veuve inconsolable ira te rejoindre dans l’année...» (Bâillant.) 11 y a vingtcinq ans de ça... C’est égal, il me semblç que c’était hier...
' Air : Dormez donc.
Souvenir d'un ménage heureux!
Quand ou eut, en fermant les yeux,
L’iiabitud’ de dormir à deux...
Je r dis, moi qui n’ suis pas bégueule ,
C’est bien dur de ronfler tout’ seule...
(L orchestre achève l’air en sourdine, sur un ronflement de Madeleine, qui cesse au moment où les deux ji^nines femmes entrent.)