MARINES
Comme un élève intègre au probe pointillé Qui s’exerce longtemps sur lu petite vue;
Et méthodique, et strict, et très bien outillé; Avec le pain rassis, arrhe de la bévue;
A ma fenêtre, plus ponctuel qu’une Iléro,
Je contemple la mer qui pose pour ma plume;
La mer, tendre parfois, parfois comme une enclume, Gémissante, par mes vitres mise au carreau.
Très littéralement je traduis l’émeraude Des forêts qui, souvent, liquéfiée, y rôde Tout entière et je note exactement son fur
A mesure, tantôt joyeux, tantôt morose; Ou souvent du ciel bleu circule tout l’azur!.. Et j'ai pour essuie-plume un pétale de rose.
MARIQUE TERRAQUE
L’océan, forêt bleue, ayant pour rossignol La mouette, sans fin exerce son allure
Sous mon store pareil au rideau de Guignol, Et qu’un coloriage étrange peinturlure.
Assis à ma fenêtre et buvant mon porto
Je saisis la nuance et je note la phase;
Je vois le golfe d’or s’emplir comme un beau vase. C’est la grande marée, ou bien, c’est la morte-eau.
Sous la grotte sacrée et sombre comme un Temple, J'entends la mer chanter : Rentre les blancs moutons. Car j'entends et je vois, et sans fin je contemple L'écume où le pêcheur Olpis guette les thons.
Il s’y mêle des bruits de la rue... une chatte Miaulait : à l'instant mon vers la burina Parmi le tintouin lointain d’un cul-de-jatte Qui rythme ses douleurs sur un ocarina.
ssl
Que j’aime-bien mieux cette chatte — C’est aux euvirons de Tréguier, Qui, dans l’attente d’une jatte, Faits des mines sous un figuier,
Que la demoiselle qui jappe Une cavatine d’Auber;
Et dont le trille qui s'échappe, Sans relàche vient nous dauber.
Son petit arpège malingre.
A la main gauche, maigrement S’exerce, accompagnement pingre D'une voix pingre mêmement.
KLÔC’HERS.
Elle piaille, elle piaule…
— C’est aux environs de Tréguier… La gentille chatte miaule
Tout doucement, sous son figuier.