LA SOURIS ROUGE
Une note plaintive, une note bizarre.
BAUDELAIRE
Comme c'était le jour de sa fête, on tenait
À ne lui ménager ni la fleur, ni l'hommage :
Un piège à sauterelle, une éclisse à fromage, L'égipyre, la knyse, et la menthe et l’aneth.
1. Ah! au milieu de ses chants,'une souris rouge s’est échappée de sa bouche. (FAUST.)
KLÔC’HERS. 13
On eût dit Cynthia chez Flore mendiante ;
La brassée odorante en ses bras s'épanchait : L'hélikryse, l’anis, la sauge, le souchet.
La khélidoine bleue et la verte adiante;
Le paliure, le poulot, le persil, Le bourgeon sur la fleur entr'ouvert comme un cil, Le lentisque odorant, le cytise, l’égile ;
Mais, Elle, toujours pâle et regardant courir Autour de ses doigts blancs chaque tige fragile, Dit: « À quoi bon fêter, puisque l’on doit mour: ? »
Sous le Notos hurleur ou sous l’Euros paterne,
Flots, berceaux des soleils, et vagues, leurs tombeaux; O mer, versicolore azur, redite terne,
Ou luisante, des faits et gestes de Phoibos;
Peut-être déplorant ton rôle suballerne,
Corail efflorescent sous ses levers dispos, Sanglant rubis, sous ses couchers, d’une citerne Aux paisibles reflets crois-tu les sorts plus beaux ?
O tain inconscient, impersonnel mirage, -Qui répètes la paix, qui rabâches la rage Du ciel capricieux, du ciel supérieur;
Ton flux et ton reflux vocifèrent des lieues De paradoxes fous que le remous crieur Mêle de saphirs verts et d’émeraudes bleues.
La mer, pâle émeraude, ou saphir taciturne, Des versatiles cieux, inconscient miroir,
Laisse dans son cristal tour à tour apparoir, La diurne splendeur ou la päleur nocturne.
A la plaine liquide adaptant messidor,
Ou prairial, elle est tour à tour blonde ou-verte; Et parfois, au-dessus, le soleil, puis, à perte
De vue, un reflet droit, tracent un grand I d’or...
se A |
« J'ai éprouvé que la vue d’une belle mer est consolante. »
STENDAHLe
O mon âme, viens t'en vers ces beaux bords bretons Où la bonté des baies,
Des saphirs étoilés distillera Les tons Sur tes amours tombées.
Il te plaira de voir, près des flots bleus, les champs Bruns comme un froc de moine;
Et d'écouter bruire au bord des flux méchants La cliquetante avoine.
Il te plaira d’ouir, près du rythme des mers, Les rumeurs de la terre;
Et dans l’âme du soir, chants suaves, pleurs amers Se mêler leur mystère.
KLÔC’HERS. 10
Il te plaira de voir près des barques à flots, Les barques amarrées;
Et près des quilles, socs des mers, les matelots, Laboureurs des marées.
Il te plaira de voir palpiter sur maint front Les grandes coiffes blanches
Des femmes des marins qui travaillent en rond Aux habits des dimanches.
Il te plaira de voir la maille des filets Accrocher sa guipure
Au chaume des hameaux; et les fins batelets Glisser sur l’onde pure.
Il te plaira de voir flotter dans les lointains Leurs triangles rougeâtres,
Dont l’épouse, l'hiver, rumine les destins Près du déclin des âtres.
Il te plaira de voir l’oiseau se mirer sur L’onde, glace moirée…
Il te plaira de voir près des mers, champ d’azur, La moisson, mer dorée.
Partons, car il est bon, mon âme, pour calmer Le spleen affreux des marbres
De s’en aller parfois voir le bleu de la mer Entre le vert des arbres!
Il te plaira d'entendre encor dans les rameaux Du pin les rythmes vagues
Que la mer y laissa qui fait pleurer nos maux Par la plainte des vagues.
Le pin qui lentement au bord du flot grandit, Conserve dans sa branche
Un peu du chant divin, un peu du chant maudit : Les flûtes, et leur anche.
Le pin près de la vague a lentement grandi, Accointances étranges.
Il a bleui par elle — elle a, par lui, verdi; Ils ont fait des échanges.
Leur duel s'organise; et, sous l’astre qui luit L'un rit, l’autre grommelle,
Et l’on s’évertue, elle, à chanter comme lui, Lui, de gémir comme elle.
Mais la vieille pleureuse experte en tous les tons Se rit de son disciple.
Et lui rythme sans fin : rentre tes blancs moutons! Sur un mode multiple.
Ils luttent comme dans une idylle un berger
Lutte sa lutte éprise
D'une coupe de cire où l’on voit émerger Le fruit de l’hélikryse.
Mais leur joute est risible. Ainsi rit L’Hélicon Alors que Théocrite
Fait contre Komatas se proposer Lakon.
Le pasteur sybarite.
KLÔC’HERS. OR D |