X X LO STESSO
Bains de mer du Lido. Cabines et terrasse.
Des garçons de café, des consommations;
Des forestieri, des conversations,
Et tout ce dont l’ennui partout ailleurs harrasse!
Coucher de soleil dur. — le même qu’à Zandwoort, Houlgate ou Saint-Malo — que le diable l'emporte! Le même petit peintre à jeter à la porte
Se livrant sans vergogne au même petit sport.
VETRI
Le verre est rouge Le fer est froid,
La flamme bouge L'homme est adroit.
Souffle ta bulle
De savon d’or
Qui comme un tulle S'enfle’et se tord,
Gonfle ta boule De savon bleu Qui coule et roule Au cœur du feu.
Enfle le globe De savon clair Qui se dérobe A s'envoler.
Parfais la sphère Qui doit sembler Sans cesse faire Pour soi trembler.
Ce menu monde Que naître on vit, Une seconde
Qui nous survit.
Ces verres que l’on file Près de l’êle aux Tombeaux, Ont des destins plus beaux Que notre engeance vile.
Tandis que le temps leurre Notre air trop convaincu, Créés, eux, pour une heure, Ils nous ont survécu.
Je pense à cette affaire,
A nos différents baux,
En allant vous voir faire, Impondérable verre
Près de l’île aux Tombeaux.
Des verres effilés, Des verres affolés, Et des verres filés.
Des défilés de verres Filés, fols ou sévères, Et bien d’autres affaires.
Des buires, des fioles, Et mille babioles Où sont des bestioles. :
Des miroirs et des coupes Découpés de cent houppes De vitreuses étoupes.
Des dauphins et des cygnes Aux tordions insignes; Et les plus folles lignes
Et les plus molles poses;
Les plus nulles des choses, Des bulles, et des roses.