‹ Le parcours du rêve au souvenirChapitre 145 sur 229 · NATHAN · texte numérisé non relu

NATHAN

O Prince, un mot pour toi : l’enfant de Betsabée Se flétrira sans voir la lumière du jour.

Telle est du Seigneur Dieu la parole tombée Pour le péché commis de l’impudique amour.

Parce que dans ceci vous fûtes sans droiture,

En frustrant Urias de son seul bel agneau.

Il n’en possédait qu'un. Vous aviez la mouture Les femmes, le pouvoir, la couronne et l’anneau.

Cet Urias n'avait qu'une pauvre masure,

Et du blé pour nourrir à peine une souris;

Sa femme était son bien, il l’aimait sans mesure, Il humait ses cheveux, il buvait son souris.

Sa joie était de voir couler sur l’encolure

Ces boucles jusqu’aux pieds que voici d’or couverts; D’enlacer cette gorge et cette chevelure

Et d’y goûter l’oubli des maux longtemps soufferts.

Elle, n’usait alors de jupe d’écarlate,

Mais sa bouche était rouge et propice au baiser,

Et ses yeux où parfois une autre ardeur éclate Gardaient assez d’amour pour qu'il y pût puiser. Demeurez maintenant pour voir d’étranges choses. — Voici venir des fronts beaux comme Betsabé Naguère et couronnés de délicates roses.

Et dont tout l’ornement en poussière est tombé.

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