‹ Le parcours du rêve au souvenirChapitre 163 sur 229 · SHÉHÉRAZADE · texte numérisé non relu

SHÉHÉRAZADE

Écrite en une peau de bête tirant sur Le jaune, cette lettre au caractère azur.

Le roi de Serendib, l’île aux cent parasanges, Devant qui vont marchant mille éléphants étranges

Qui foulent sous leurs pieds la flore des tapis;

Le roi dont le palais a des toits de rubis

Offre au calife Haroun-al-Rachid une vasque

D'un seul saphir taillé dans la forme d’un casque Plein de perles du poids d’une drachme ; la peau D'un serpent qui guérit les malades; — d’un beau Bois d’aloès deux cent mille drachmes sans tache ; Et trente grains de camphre en forme de pistache. Plus une jeune esclave aux vêtements gemmés.

Serendib est le lieu des séjours parfumés.

Le roi de Serendib a vingt mille couronnes

Ce roi, lors qu’il paraît fait ajuster des trônes Au dos des éléphants; et des colonnes d’or Le suivent et lui font un mouvant corridor Balançant de fruits verts le smaragdin mirage.

Plus grand que Solima plus puissant que Mirage Ce redoutable roi doit mourir, — doit mourir, — Doit mourir.

— Loué soit Dieu qui ne peut périr!

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