‹ Le parcours du rêve au souvenirChapitre 162 sur 229 · MÉTIER · texte numérisé non relu

MÉTIER

De pierre de savon lave ta laine chaude;

La garance est d’ici, l’indigo s’acheta.

La gaude est pour le jaune, et cette même gaude Mêlée à l’indigo, de vert se tacheta.

Le noir s'obtient du fer et de la noix de galle; Le violet, du tartre. Ainsi le mahdällem !

Compose le tapis dont notre œil se régale.

C’est tantôt le quetis pour le lit du harem,

Le djelal du coursier, la r’rara, la musette

Le tellis, et l’el frech de diverse longueur.

Le dessin se varie au fur de l’amusette,

Et chaque Reguem* doit le porter « dans son cœur ».

Tous ces vieux Ali-Babas, Quarante mille voleurs, Ne sentent pas Les quatre voleurs.

Ces vieilles mille-une nuits Débap — dépoë-tisées, De seuls ennuis Lampes attisées,

1 et 2. Patron.

Par des Aladins malades, Par maint baladin raaussade Font des ballades

Mi-Galland, mi-Sade.

Aucun d’eux n’est Kalender, Ils ne sont pas fils de rois,

Et pourtant bien deux sur trois N’ont qu’un œil pour regarder.

Par quel fols coups de serein, Quels miracles ophtalmiques Ces borgnes épidémiques, Cyclopes à l’air serein ?

Quel génie ou quel brahmine A raturé tout cet œil

Qu'on raconte sur le seuil De Zobéïde et d’Amine ?

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