XX VII PINCE-QUOT
Un bal où des souillons en ballérines, Des matelots, |
Daus des relents de Bullys et d’urines Tournent falots.
C’est dans un cirque où pétardent des cuivres Pétaradants ;
Où les beautés dans leurs gueules de guivres Ont peu de dents.
Quelques bourgeois se mêlent aux salopes Et des vieillards
Sont là dardant sur ces mornes galopes Des yeux gaillards.
Mais le plus fol, et non le moins hybride D'un bouiboui tel,
C’est cette danse où rien ne se débride,
Sur place, à plat, comme autour d’un autel.
Est-ce à l’instar de ce juif en soutane, De cet abbé
Où de ce moine entre la tarlatane
De ces tutus indécemment tombé”?
Un bal ou des lourdauds en jeunes filles Ont le pire air.
Je n’oserais jurer que ces quadrilles
N’ont pas fini par beaucoup empirer.
AA VEEI SUNT LACRYMÆ FLORUM
La bataille des fleurs
Est assez ridicule;
A peine il n’y circule
Que des chars de douleurs.
Les mêmes couronniers
Qui travaillent pour l'ombre, Les mêmes festonniers
Dont la tombe s’encombre
Ont astragalisé
Le balcon, la voiture.
Un comité nature
A tout verbalisé.
De jeunes gens un lot
Qui doivent être Suisses Nous exhibent leurs cuisses Dans de roses maillots.
Des dames moins rosates Du fond des locatis Comme vous nous rasâtes!
Ont des teints décatis.
La bataille des fleurs
N’eut point charmé Catulle ; Je veux qu'on l’intitule
La bataille des pleurs.