‹ Le parcours du rêve au souvenirChapitre 193 sur 229 · LX V · texte numérisé non relu

LX V

Ce qui n'aurait le poids que d’un grain de moutarde, Fût-il dans le rocher,

Dieu le produit au jour; qu’il presse ou qu’il s’attarde, Il le saura chercher. ;

Dieu fait rentrer en soi toute chose qu'il crée, Tout aboutit à lui;

Qui s’abandonne à Dieu saisit l’anse sacrée Et le solide appui.

Quand tout ce qui fut arbre autant serait de plumes,

Si d'encre était la mer; La parole de Diéu ferait plus de volumes Qu'ils n’en sauraient former.

La plus laide des voix est bien celle de l’âne : Ne parle donc pas fort.

Connaissance de l’heure auprès de Dieu seul plane,

Toute âme goûtera la mort.

MOUNKIR ET NAKIR!

L'enfant du serviteur de Dieu mourut :

Dieu — qu'il soit exalté, dit à ses anges :

« Vous avez pris l’enfant de qui me crut,

Et qu’a-t-il murmuré ? » — « Que vos louanges. »

— « Vous prîtes son enfant, son sang, sa chair,

Vous avez pris le fruit de ses entrailles, Et qu’a-t-il souhaité ? » — « L’aller chercher Au cœur du ciel auguste où tu tressailles. »

Dieu, qu’il soit exalté, leur dit alors :

« Que pour mon serviteur fassent mes anges, Un céleste palais de tous mes ors,

Qu'on nomme la maison de mes louanges ! »

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