Jardins
Ceux qui craignent Dieu verront deux jardins Arrosés d'eaux vives
Et s’accouderont le long des gradins Comme des convives.
Là luira la vierge au regard baissé Tout inviolée,
Comme à l’hyacinthe un corail tressé, A l’époux mêlée.
La vierge au teint pâle et d’un blanc pareil A l’œuf des autruches,
Et qui remplira d’un vin de soleil Gobelets et cruches.
La vierge à l’œil noir dans son pavillon Sur des promenades,
Où l’on cueillera sans aucun sillon, Des fruils de grenades.
Où l’on coulera sous des habits verts Des jours pacifiques,
Au bord des tapis dont sont les envers Déjà magnifiques !
Dieu pliera les cieux comme fait Sidjill Qui roule le livre,
Où va des humains, d’un tracé subtil, S'inscrire le vivre!