‹ Le parcours du rêve au souvenirChapitre 208 sur 229 · Ecole · texte numérisé non relu

Ecole

Trop de pleurs d’enfant, Par cette fente;

Trop de cors de chasse, De cris de chats!

Trop d'appels de mères, Et trop amers

Trop de çlous qu'on cloue Au matin flou!

Et, pour que je meure, Le rétameur

Tape sur son cuivre 0 le vieux Juif!

Tous ces petits ânes Menus bourriquots Aux tons de basanes M'offrent des écots

Irrémédiables,

De brillant braiment ; Combien donc de diables Ont-ils vu vraiment ?

Chaque ânon ânonne Mâtin bourriquet, Tintant tierce-none, Matine à paquet!

LXXX VIII KEBILA

Mes voisines sont étranges :

Elles ont des peaux d’oranges Et des culottes de Turc ;

Elles marchent sans babouches Elles respirent sans bouches Et n’ont rien de Jeanne d’Arc.

Elles ont une terrasse

Où la corneille vorace

Fraie avec le mol pigeon; Elles montent et descendent Leur escalier où faisandent Des taches de badigeon.

Ce sont des femmes kabyles Avec des fronts de sibylles Et de rutilants chiffons; Des laines bariolées,

Des faces vitriolées.

Des croupetons de griffons.

Elles sont coloriées,

Elles sont historiées

De démon et de divin; Ressemblantes aux images, Elles ont des airs de mages Au fond du ravin Davin.

Tout au bout de mes lorgnettes

Je les suis comme vignettes Qui nous diront s’il ment, hein ?

Elles illustrent la plume Et commentent le volume :

Commentaire-Fromentin.

Mes voisines sont bizarres, Shéhérazades ignares, Dinazardes de hasard, Elles ont le chrysocale De cette couleur locale Que l’on achète au bazard !

Mes voisines font miracle Elles ont des airs d’oracle

Sur leurs pantalons de Turc;

L'art de leur toit se partage Entre terrasse à Carthage Et tête de tect-à-porc!

Mes voisines font mystère De concilier l’austère Avec le Turlututu !

Aussi m'en turlupiné-je

Sous mon amandier qui neige

A pétales que veux-tu ?

Page 1