DÉSHABILLÉ KABYLE
Et rouge pour une mouche Qui la touche Comme une grenade en fleur.
Ve
La Kabyle se met nue Ingénue
Et monstrueuse à la fois;
Sa compagne la bouchonne Et ronchonne
Un ronron à demi voix.
La Kabyle est sans cabine; La débine
Ne lui permet que son toit.
Elle n’en est point confuse Et refuse
De cacher ce qui se voit.
Son sein sous sa pendeloque Est en loque;
Son dos reluit comme un cob;
Et, pour sa chasse au termite, Sa marmite
Lui tient lieu de notre tub.
Ce bizarre ballabile, La Kabyle L’exécute innocemment;
Puis on la douche à la tasse, On la tasse A coups de savon fumant.
La Kabyle à sa terrasse Se décrasse - Et frotte et refrottera - Avec un bouchon de paille, Ce qui baille, Aisselles... et cœtera.
Quand au bout de ma lorgnette Elle est nette
Je laisse cette fanfan
Passer, comme on se remise, Sa chemise
Et se sécher qu’au seul vent!
Et sans que le moindre Ürie Se récrie
Sans que tonne aucun abbé,
Je suis le David psalmiste Alarmiste
De cette autre Bethsabé !
Le pleur de Niobé, le sanglot de Rachel Ce matin retentit,
La Kabyle a pleuré sur quelqu'un qui partit : Enfant, époux ou tel!
La Kabyle a gémi sur quelqu'un de tombé Le pleur de Niobé;
Le pleur de Niobé, le sanglot de Rachel Déchirant le Sahel!
La Kabyle à hurlé sur père, époux ou tel Le sanglot de Rachel;
La Kabyle à hurlé du haut de son échelle Et réveillé Le Tell!
L’âne s’y mêle Et Philomèle Avec le coq Ab hac ab hoc.
Et la marmaille Qui se chamaille, Et le piston Donnent leur ton.
La mère appelle, Le chevreau bèle Le rétameur Suit leur humeur.
La femme accouche - Sur cette douche
Qui fait accueil
À ce cercueil.
La Kabyle a pleuré son sanglot de Rachel, Son pleur de Niobé, son pleur d'ombre et de sel.