‹ Le parcours du rêve au souvenirChapitre 209 sur 229 · DÉSHABILLÉ KABYLE · texte numérisé non relu

DÉSHABILLÉ KABYLE

Et rouge pour une mouche Qui la touche Comme une grenade en fleur.

Ve

La Kabyle se met nue Ingénue

Et monstrueuse à la fois;

Sa compagne la bouchonne Et ronchonne

Un ronron à demi voix.

La Kabyle est sans cabine; La débine

Ne lui permet que son toit.

Elle n’en est point confuse Et refuse

De cacher ce qui se voit.

Son sein sous sa pendeloque Est en loque;

Son dos reluit comme un cob;

Et, pour sa chasse au termite, Sa marmite

Lui tient lieu de notre tub.

Ce bizarre ballabile, La Kabyle L’exécute innocemment;

Puis on la douche à la tasse, On la tasse A coups de savon fumant.

La Kabyle à sa terrasse Se décrasse - Et frotte et refrottera - Avec un bouchon de paille, Ce qui baille, Aisselles... et cœtera.

Quand au bout de ma lorgnette Elle est nette

Je laisse cette fanfan

Passer, comme on se remise, Sa chemise

Et se sécher qu’au seul vent!

Et sans que le moindre Ürie Se récrie

Sans que tonne aucun abbé,

Je suis le David psalmiste Alarmiste

De cette autre Bethsabé !

Le pleur de Niobé, le sanglot de Rachel Ce matin retentit,

La Kabyle a pleuré sur quelqu'un qui partit : Enfant, époux ou tel!

La Kabyle a gémi sur quelqu'un de tombé Le pleur de Niobé;

Le pleur de Niobé, le sanglot de Rachel Déchirant le Sahel!

La Kabyle à hurlé sur père, époux ou tel Le sanglot de Rachel;

La Kabyle à hurlé du haut de son échelle Et réveillé Le Tell!

L’âne s’y mêle Et Philomèle Avec le coq Ab hac ab hoc.

Et la marmaille Qui se chamaille, Et le piston Donnent leur ton.

La mère appelle, Le chevreau bèle Le rétameur Suit leur humeur.

La femme accouche - Sur cette douche

Qui fait accueil

À ce cercueil.

La Kabyle a pleuré son sanglot de Rachel, Son pleur de Niobé, son pleur d'ombre et de sel.

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