AN AB ILLO
Je ne suis plus moi-même, Je suis un pur bourgeois :
Le nom dont j'ai fait choix Permet enfin qu’on m'aime.
Je n’appelle Personne : Ce titre accrédité A châque oreille sonne En toute dignité.
Je Suis un vague chiffre, Un simple numéro;
Ma noblesse s’empiffre
Enfin de ce zéro.
Rien en moi ne s'élève Plus haut qu’un sénevé ; Je suis un bon élève
Un peu mal élevé.
Plus en moi ne surnage Rien de contradicteur ; Mon âme est l’apanage
Du parfait électeur.
Et pour que la phalange N’ait de me renier
Aucun droit — j'y mélange Le parfait cuisinier.
Ma redingote envie
À peine un sacristain; J’ai comblé mon envie :
Je suis un Philistin.
Plus en moi ne demeure Rien de paradoxal, Je ne compte plus l’heure A l'horloge d’Upsal.
er) —)
Je quitte l'ironie, Mystification En mon âme finie Avec ma mission.
Il ne reste en ma balle Plus rien de subversif; Même Héliogabale
N'est plus pour moi poncif!
Je frappe : c’est ma faute!
Car au pied de mon mur, Je ne vois plus qu’un pur Voisin de table d'hôte!