‹ Le parcours du rêve au souvenirChapitre 28 sur 229 · AN AB ILLO · texte numérisé non relu

AN AB ILLO

Je ne suis plus moi-même, Je suis un pur bourgeois :

Le nom dont j'ai fait choix Permet enfin qu’on m'aime.

Je n’appelle Personne : Ce titre accrédité A châque oreille sonne En toute dignité.

Je Suis un vague chiffre, Un simple numéro;

Ma noblesse s’empiffre

Enfin de ce zéro.

Rien en moi ne s'élève Plus haut qu’un sénevé ; Je suis un bon élève

Un peu mal élevé.

Plus en moi ne surnage Rien de contradicteur ; Mon âme est l’apanage

Du parfait électeur.

Et pour que la phalange N’ait de me renier

Aucun droit — j'y mélange Le parfait cuisinier.

Ma redingote envie

À peine un sacristain; J’ai comblé mon envie :

Je suis un Philistin.

Plus en moi ne demeure Rien de paradoxal, Je ne compte plus l’heure A l'horloge d’Upsal.

er) —)

Je quitte l'ironie, Mystification En mon âme finie Avec ma mission.

Il ne reste en ma balle Plus rien de subversif; Même Héliogabale

N'est plus pour moi poncif!

Je frappe : c’est ma faute!

Car au pied de mon mur, Je ne vois plus qu’un pur Voisin de table d'hôte!

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