‹ Le parcours du rêve au souvenirChapitre 60 sur 229 · PAYSE · texte numérisé non relu

PAYSE

La route est d’une fadaise, Les lointains sont bleu d’ardoise ;

Je ne regarde avec aise Que l’eau des lacs de turquoise.

Irlandaise, Portugaise, C’est la langue que dégoise

La foule à pieds comme en chaise, Troupe en somme assez bourgeoise.

Que j’entende, au Seigneur plaise, Bientôt une voix gauloise;

Serait-elle marseillaise, Auvergnate ou bien lilloise;

Riomaise ou condomaise, Rémoise ou bien vendômoise;

Car l'anglaise et l’albanaise À la fin me cherchent noise.

Et leur musique me pèse Bien plus que celle de Poise.

Mais sous le rayon de braise Que le soleil entrecroise ;

J'’apercois une Française, Elle s’appelle Françoise,

Jamais qu’elle ne se taise !

Elle me voit, je la toise.

Je la trouve peu mauvaise, Bientôt elle s’apprivoise;

Et mon spleen enfin s’apaise Sous son parler de framboise.

Page 1