IN VOTIS
Je n’ai point vu les mers de glace Où se sauvent les Perrichons;
Ni ces pics dont la hauteur lasse Les jarrets les plus follichons.
J'ai peu visité les cascades
Où le feu de Bengale a lui;
Et j'ai pourtant, plusieurs décades, Habité ce pays, pour lui.
Mais, je sais le val où se trouvent Les œillets fins comme un cheveu ; Et les marécages qui couvent
Les gentianes au cœur bleu.
ni 1Ÿ
Et nulle femme, et nulle gemme Ne me tentent plus de leurs feux :
J'ai les gentianes que j'aime,
Et j'ai les œillets que je veux.
TINTINNABULA
Les vaches quand l’aube règne Sortent; et l’air du matin
Sous leurs clochettes s’imprègne D'un Angelus argentin.
C’est un chant de crépuscule D’aurore qui dit Ave, S'évanouit et recule...
— Et je crois que j'ai rêvé.
— Sous l'ombre que le ciel verse De nouveau, dans l’air du soir Des clochettes se disperse
Le mélodique encensoir.
C’est le chant du crépuscule:
De l’aube qui me revient, S'épanouit et circule...
— Et mon rêve se souvient.