‹ Le parcours du rêve au souvenirChapitre 81 sur 229 · IN VOTIS · texte numérisé non relu

IN VOTIS

Je n’ai point vu les mers de glace Où se sauvent les Perrichons;

Ni ces pics dont la hauteur lasse Les jarrets les plus follichons.

J'ai peu visité les cascades

Où le feu de Bengale a lui;

Et j'ai pourtant, plusieurs décades, Habité ce pays, pour lui.

Mais, je sais le val où se trouvent Les œillets fins comme un cheveu ; Et les marécages qui couvent

Les gentianes au cœur bleu.

ni 1Ÿ

Et nulle femme, et nulle gemme Ne me tentent plus de leurs feux :

J'ai les gentianes que j'aime,

Et j'ai les œillets que je veux.

TINTINNABULA

Les vaches quand l’aube règne Sortent; et l’air du matin

Sous leurs clochettes s’imprègne D'un Angelus argentin.

C’est un chant de crépuscule D’aurore qui dit Ave, S'évanouit et recule...

— Et je crois que j'ai rêvé.

— Sous l'ombre que le ciel verse De nouveau, dans l’air du soir Des clochettes se disperse

Le mélodique encensoir.

C’est le chant du crépuscule:

De l’aube qui me revient, S'épanouit et circule...

— Et mon rêve se souvient.

Page 1