‹ Le parcours du rêve au souvenirChapitre 90 sur 229 · LA FONTAINE · texte numérisé non relu

LA FONTAINE

Tous ces pics enfarinés

Ne me disent rien qui vaille, Sous la poudre de leur nez Et leur nuage de faille.

Tous ces pics enfarinés Par la neige qui leur reste Me paraissent burinés

Par un Gavarni céleste.

Sucrenpoudrederizés

Par des flocons d’un autre âge, Ce sont des Pierrots frisés

Par la mèche du nuage.

Pour le bal de l'Opéra:

Que rythme de la tempête Le grand tradéridéra,

Ils se sont fait une tête.

L’orchestre des ouragans Taquine leur face bléme

Et les godrons élégants

De leur fraise aux tons de crème.

Le Jablockoff des éclairs

Les fait paraitre plus pâles, Nuancant leurs chapeaux clairs D'irisations d’opales.

Ce sont des Pierrots lassés Par le galop des orages

Dont s’exaspèrent les rages Le long de leurs gants glacés ;

De célestes Debureaux

Dont la tête au ciel voisine, Sur leurs masques de Paros Portant la mouche assassine,

D'un bois de mélèzes noirs Arrondissant le mystère De ses sombres promenoirs En taffetas d'Angleterre.

Ce sont de divins Pierrots,

Des Pierrots géologiques;

Les aigles sont leurs pierrots

Et les brouillards sont leurs chiques.

Ils fament matin et soir Maintes cigarettes blanches Aux spirales d’encensoir; Et crachent des avalanches ;

Un rang de Pierrots polis

Qui, pour cascader, s’écarte ; Des chaines de chienlits

Qui sont marqués sur la carte.

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