‹ Le pardon; comédie en trois actesChapitre 20 sur 37 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

GEORGES

Vous ne l'avez pas rencontrée?

THÉRÈSE

Non.

GEORGES

Elle vient de sortir.

THÉRÈSE

Alors je me sauve. Je venais la prendre.

GEORGES

Justement, elle se plaignait de ne plus vous voir. Elle disait que vous vous éloigniez de nous.

THÉRÈSE

Vous savez bien que non. Mais je viens d'être mêlée si intimement à sa vie... Jai peur quelquefois que ma présence ne lui soit un peu pénible, du moins dans les premiers temps... et je ne veux pas m'imposer... C'est un sentiment bien facile à comprendre.

GEORGES

Évidemment.

THÉRÈSE

Lui avez-vous dit que le hasard nous avait fait nous rencontrer deux ou trois fois à l'heure où vous sortez de l'usine... ce qui est tout naturel, puisque c'est dans mon quartier.

A quoi bon le lui dire? Elle croirait que nous parlons

d'elle, cela l'inquiéterait. Il vaut mieux qu'elle ne sache pas.

THÉRÈSE

Évidemment.

GEORGES

Ah ! Thérèse, ces bonnes promenades avec vous, ces causeries — trop courtes — le long des grands quais déserts... ce sont mes seuls bons moments, à moi. J'étoufferais, si je ne vous avais pas. Comme c'est gentil d'être venue! Voulez-vous que je vous dise? Je vous attendais un peu.

THÉRÈSE

Alors... vous et Suzanne, ça ne va pas mieux ?

GEORGES

Ah ! bien oui ! Je viens encore de lui faire une scène absurde.

THÉRÈSE

A propos de quoi ?

GEORGES

Oh ! à propos de rien.

THÉRÈSE

Est-ce qu'elle n'est pas gentille avec vous ?

Elle? Elle est parfaite... Seulement... voilà, j'ai beau faire, je me souviens... toujours. C'est un mal que j'ai dans le sang et que je traîne partout. Je me fais l'effet d'un rat empoisonné.

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