‹ Le pardon de Bretagne drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 13 sur 89 · CRA V* N NM · texte numérisé non relu

CRA V* N NM

Oh ! ma fortune, je ne vous ferai pas la mauvaise plaisanterie de vous l’offrir... mais ma vie ! toute ma vie î

fi OSE LINON.

Bobœuf, entendez-vous? i) me donne toute sa vie... Et vous?

BOBŒUF,

Moi aussi, belle dame, pour vous j’affronterais mille morts s’il le fallait... mais partons ?

JOCELYNB,

Kernoel, venez ! A quoi bon demeurer Ici plus longtemps?... Voyez, elle ne vous regarde seulement plus ! (A part.) Si ! elle l’a regardé !

BOSI LINON.

C’est bien vrai. Bobœuf, quo vous affronteriez mille morts î

BOBŒUF.

Sans doute, sans doute ! mais un autre jour, quand il fera beau!

rosi linon, s’approchant du gouffre.

Eh bien ! messieurs, vous allez être servis à souhait... (Jetant le portrait dans Ç abîme.) Qui l’aime le suive !

BOBŒUF.

Ah ! en voilà bien d’une autre !

CHATAINES.

Dans le gouffre! mais il est perdu... Personne, m’a-t-on dit, ne s’est jamais aventuré dans cet abîme...

BOSB LIION.

Eh bien, vous m'avez offert votre vie; voyons, lequel de vous est d’humeur à s’exécuter?

BOBŒUF.

Mais, madame, c’est de la cruauté ; j’ose dire le mot, c’est de la cruauté.

p’tit-bert, qui regarde dans le gouffre.

Ah! pristi, c’est-y-noir! Ah si! ah si! je l’vois... il est resté à moitié chemin...

BOSI LINON.

Eh bien, messieurs, que celui qui l’ose aille prendre... et le portrait lui appartiendra.

dobϟf, d Ftit-Bert.

Petit ! va le chercher, je te l’achète deux louis si tu me le rapportes.

P’TIT-IIRT.

Moi ! je n’irais pas, quand on m* donnerait 1* bon Dieu. jocelynb, retenant Kemoifl.

Kernoel, je vous en conjure; Kcrnoêll... qu’aUez-vous faire?

rosb linon, à part.

AU ! il ira;

focitm;

Kernoel, regardez, la marée monte, elle doit déjà gronder au fond du goufire. Ah f ne tentez pas le ciel 1

KIRNOEL.

Laisse-moi, laisse-moi, te dis-je 1 (Il s'élance dans le gouffre, Jocelyne pousse un cri. La foudre continue à gronder.)

BOSB LINON.

Eh bien, messieurs, que dites-vous de ma conquête? J’ai deviné tout de suite que ce garçon-là m’aimait

CRA VAN MB.

"mr

LE l’ARLON DE BRETAGNE.

Et c’cst pour vous en assurer que vous l'envoyez peut-être à la mortt

jocelyne , <?ui est descendue.

Oui , à la mort , madame, car si son pied glisse, si une pierre se détache... il est perdu !

ROSI LINOS.

Ah î mon Dieu ! serait-il possible? le danger e6t donc sérieux P

r’Tir-iKRT.

Ah! oui! pour lui, du danger!... dansl’lrou de l’enfer! il est ben assez diable pour en sortir... Tiens , qu’cst-ce que j’ dis. Ah! mon Dieul je n‘ le vois plus!

Jocelyne.

Que dit-il?... Sainte Vierge, veillez sur lui I [Elle court s'agenouiller au pied de la croix.)

ROSE LINON

Mon Dieu!

p’TiT-»E8T.

Ah bon! le rev’là. Oh! il y a mis la main dessus.-. Ah! crô coquin ! il aura les deux louis !.. Bt dire que j’ai pis eu la chose i'y aller, moi ! , ,

jocelyni , voyant sortir Kernctil du gouffre.

Sauvé! (hernoël pose, le portrait sur son cœur.) Non, perdu 1 /I s'éloigne en sautant d'un rocher à Cauire )

rose LiMoii, courant à Jocelyne et lui offrant une bourse.

Tenez , mon enfant, voilà pour récompenser Kernoël de son courage.

JOCELYNE, rejetant la bourse .

Soyez maudite... vous venez de briser sa vie. (EctoJ de tonnerre. Le rideau tombe.)

ACTB II.

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