MICHEL GLATZ, BOBOEL'F, MUGUETTB, CHAVANNES, ROSE LINON
MUGUETTB.
Bonjour, Rose, bonjour bel Amadis ! (A Chavannes.) Monsieur:
CHAVANNES
Eh bien, nous avons les yeux rouges... le teint battu...
Mucubttb.
Je suis à moitié morte. Vous savez, je pense, l’arrestation de Mac Trévor. Je l’ai apprise hier soir, et je vous avoue que j’ai passé une nuit!...
CHAVANNES
Bah!
rose linon, à Chavannes.
Je crois décidément qu’il ne s’en fallait que d’un souper.
MOGUBTTB.
Quel dommage 1 un si bel homme ! Je me souviendrai toute ma vie de ses cheveux.
CIUVANNES.
Il est de fait que pour un Ecossais il avait des cheveux d’nn noir... mythologique .. (/I parla Ruse Linon.) Ma chère, le total des soupers éuul complet.
MtGUEÎÎ*.
Je ne sais vraiment pas clans quel temps nous vivons.;, on n'entend parler que de catastrophes et de crimes C’est comme cct assassinat d'avant- liier y 18 mars, dans la rue Thérèse... quels horribles détails I
Borarr.
Ça, c’est vrai, c'est fait pour impressionner, surtout quand on cst.nche et qu’on vit seul (ù Itose) ; car je vis seul, vous le savez, cruelle ! Il parait qu’ils étaient quinze, tous masqués, et qu’apiès '■•voir coupé les garçons de la caisse par morceaux, ils ont enlevé pour plus de deux millions de valeurs ! Mon journal donne tous les détails.
MCOUETTB.
Quels cannibales! (Mutuelle, Bobauf, Chavannes et Rose se groupent au fond; Bobœuf tient un journal.)
Michel gi.atz. d part.
Et voilà comme on écrit l'histoire... Us n'étaient que deux, et ils n’ont trouvé que cent quarante-huit mille francs. La calomnie I la calomnie!
mgcuettb, s'approchant de Michel Gtalz.
Qu’est-ce que vous marmottez là, vieux Michel? — Ah ! dites donc, je veux me défaire de ma châtelaine d’émeraudes .. Décidément, voyez-vous, tout cela m’attriste, et je renonce au monde... Qu'est-ce qu’elle peut bien valoir ma châtelaine?
MICHEL CLATZ.
Je sais très-bien ce qu’elle vaut... c'est moi-même qui l’ai vendue à Mac Trévor.
rose lino* et chavannes, riant de la réponse de Michel Glati.
Ah I attrape I
MUGCETTi, à part.
Imbécile!
BOKBOV.
Pardieu l puisque nous parlons de pierreries, il faut que tu m’indiques le joaillier à la mode, Chavannes, je veux faire encadrer mon portrait.
CHAVANNES
Eh ! mais, tu tombes à merveille, voilà Michel Glatzqui a les plus beaux diamants de Paris. (A Michel Glati.) Mon cher, jo vous recommande monsiour Bobœuf. Traitcz-le... bien!
MICUEL CLATZ.
Puisque monsiour est votre ami, je mécontenterai de moitié de mes bénéfices ordinaires.
mucuette, qui a pris une cigarette et qui fume. *
. c a - j’espère, mon gros homme, que vous destinez ce portrait à celte chère Rose, et qu'ello ne le perdra pas aussi sottement que vous avez perdu le sien.
BOBŒUF.
Ah! oui, hein I dites donc? voilà une stupide aventure qui nous est arrivée là-has à Penmarc’li... Et dire que nous sommes partis pour Ca calc sans avoir pu remettre la main sur ce butor de Bas-Breton.
BONN LINO*.
Ne dites pas de mal de mon polit Breton. Il m'aimait ce pauvre entant!
MÜCCETTB.
Ah ! comme elle a bien dit ça ! — C’est égal, tu m'as conté ton histoire, et je la trouve toute charmante... Mais je crois que le bel Amadis n'est pas de mon avis ?
BOBŒUP.
Quelle absurdité 1... Est-ce qu'on est jaloux d'un paysan?
ItOâK LINON.
Et la jeune fille... Vous rappelez-vous la jeune fille?
CHAVANNES
Si je m'en souviens... elle était jolie comme un ange !
BOSB LINON.
Oui; mais si mon pauvre portrait lui est tombé entre les mains, elle a dû lui infliger de terribles suplices. Je suis sûre qu’elle lui aura crevé les yeux à coups d'épingle.
BOBKTP.
Et le petit bonhomme aura vendu le cercle d’or pour s’acheter des sabots.
MUCUETTE, riant.
Ah 1 ma chère, quand je pense que lu as urt amoureux qui se promène là-bas, le long de la mer, chaussé de sabots et qui joue de la cornemuse en ton honneur I
BOSB LINOS.
Moi, j'aime beaucoup la cornemuso.