‹ Le pardon de Bretagne drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 26 sur 89 · SCÈNE PROnÈRC · texte numérisé non relu

SCÈNE PROnÈRC

MARY-BERTHB, GOGUELU, on apprenti, MICHEL GLAT2.

cogclf.u, tirant hors de l'aleUer un bahut y attaque.

En v’Ià un de meuble qui n'est nas piqué des vers, que j'dis! Tiens, que je suis bète... Si lait qu il est piqué aux vers ., c est ce qui en fait le charme. ( A son apprenti.) Tourne un peu par iei... IA, très-bien, liai ! Ca vous a-l-il une satinée couleur! c’est-il assez vénérable! Dnait-on pas que ça sort du château de la reine Bulbe ? Qu’cst-ce que vous dites de ça, père Glatz? uary-hl» tue , qui est occupée <i coudre de l'autre côté de la scene.

Ah! oui, il t’entend bien ! Le voilà le nez dansjes gribouillages du pauvre Kernoél. (St levant.) Vous y comprenez donc quelque chose, monsieur Michel Glatz*?

Michel glatz, assis devant la table.

C’est Kernocl qui a écrit tout ça!...

cocir.LU, qui s'est avancé.

Et qui voulez-vous que ça soit? Moi, j’no sais lire que les lettres moulées, et faut même qu’elles soient d’une certaine taille..- Quant à Mary-Berthe, elle a :xi manière d'écrire, elle ; une petite coche sur un bout de bois... crac... v’iù ses comptes réglés... c’est pas long.

MARY BEATHE.

Mais dites-moi un peu ce que c'est que tout ça? Il y a des petites lignes et puis des plus longues .. des comme ci, des comme ça. Et puis, faut voir comme ça Tou •<*, notre Kernoél. Diriez-vous qu’il se relève la nuit pour travailler a ce grimoire. Jocelyne, vous savez bien. Jocelyne àqut nous avons lait écrire une ieitrc pour lui apprendre ou était Kernoél, cl qui est accourue, la pauvre enfant, dans l’espoir de le remener eu Bretagne, car on peut dire que voilà une sainte, ullez î Eh bien, la bonne Jocelyne a lu ces papiers, l’auirejour, à la dérobée, et en les lisant elle s’est mise à pleurer.

NICnEI. GUTZ.

Ah 1 et vous a-t-ello appris ce qu’il y avait dans ces pages?

GOGUELU

Elle nous a dit: Ne sondons pas les décrets de Dieu ! Kernoél parle une autre langue que la nôtre. Et elle s’est signée. Pourvu que ça ne soit pas la langue du démon ! (Les Goyuelu se signent.)

miciiel glatz, riant.

C’est si peu la langue du diable, qu’autrefois, du temps qu’il y avait des académiciens d'un certain âge, on l’appelait la langue des dieux.

GOGUELU

Bah!

MICHEL GUTZ.

Oui, ce sont des vers!

COGUELO.

Des fers ! des fers !

MICHEL GLATZ

Oui, des vers!

COGÜELU.

Ah! bon, des verses ! Ah ! bon, je sais. Vous voulez dire des chansons, des complaintes. Ah! ça ne m’étonne pas: du temps que Kernoél parlait le vrai breton, la vraie langue du Cornouaille, il faisait déjà de ces machines-là que tout le pays chantait. Attends donc, j’en savais une, moi, oui coinnien- *ail-.. Comment doue déjà qu’elle commençait? [Vendant qu’il fredoiuu.)

m!chel clatz, ù part.

le ne m’v connais guère, mais j’ai idée qu’ils plairont à Mac frévor, et que ça fera très-bien son a (Taire. (A Goguelu.) Allons ioguclu, dépêchons, il nie faut ce colTro Louis MH pour ce soir; c'est une galanterie que j’ai décidé monsieur Amais do Uohuufâ faire a la belle Uose Linon.

gocuclu, retournant à .von bahut.

Rose Linon, Rose Linon! Je voudrais qu’elle fût à cent pieds sous terre, votre lto*e. Linon Elle sera cause de bien des malheurs, c’est moi qui vous !-• dis.

NAnr-BERTIlE.

Pour ça , c'est sûr. Allez , allez, elle nous fait bien du chagrin à son insu, celte lille-là.

MICHEL GLATZ

Kernocl pense donc toujours à elle? Mais, à propos, où csi-il donc ce malin? je ne le vois pas. Où est-il aile?

MAHV-BEKTIIE.

Où il est allé? Faut demander ça à Jocelyne. Elle le sait bien, elle, où il va, car elle l’a suivi bien des lois les yeux pleins de larmes. Quand il fait beau, il y a des promeneurs au liois de Boulogne. Eh bien, Kernoél n’en demande pas davantage.

] 11 va s'établir au pied d’un arbre, et le voilà regardant tous les I équipages qui passent ou bein toutes les dames à cheval, et î quand il u reconnu ltose Linon dans la foule et qu’il a pu lui I jeter un regard , monsieur est coulent. U rentre, il s’enferme , il griffonne ses petites lignes, et c'est à recommencer au pre- ! ni 1 er soleil. La pauvre Jocdy ne... elle est sortie ce matin puur | lu suivre encore... Ah! tenez, ça lend le cceurl

goguelu, qui est allé ouvrir la porte du fond.

Bon ! la voilà qui revient , c’te lionne Jocelyne. Ah ! mon Dieu!

, comme elle est pile ! (J lary-Bcrthc remonte la scène.)

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