‹ Le pardon de Bretagne drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 75 sur 89 · JOCELYNE, MAC TRÉVOR, MICHEL GLATZ · texte numérisé non relu

JOCELYNE, MAC TRÉVOR, MICHEL GLATZ

jocbltï* , faisant un mouvement pour suivre le Docteur. Monsieur..;

mac tiévoh , l'arrêtant.

Restez»

m!Cbel glatz , à part.

Pourvu qu’il ne fasse pas encore quelque sottise t

MAC TUEV.UU

Michel Glati I

MICHEL CLAT Z

mac trkvo» , allant fermer la porte du fond.

Va faire le guet là dehors, et préviens-moi si i on approche..,'

JOCELYNE.

Dieu! il n’a plus cet accent de tout è l’heure... Qui êtes? vous, monsieur! je ne vous connais pas...

■ac TRsvoa , avec douceur 4 Je vous en prie, restez!

MICHEL CUTI.

Sir William, Ü me semble...

MAC TRÉYOn.

J'ai perlé, qu’on m’obéisse!... (Jfiehef Glats courbe la tileét et retire. On le voit se placer en sentinelle dans U jardin.) mac trévor , à Jocelyne.

Yous vous appelez Jocelyne Maugars...*

JOCRLYflB.

Vous me connaissez!

mac thévor , filant ses favoris et ses faux cheveux.

Et toi , me reconnais-tu ?

jocrlthb , après un instant plein d'épouvante.

Abl que vois-je!... Maugars!... (EU» recule avec fwrttW.) Maugars 1

mac TREvot , faisant un pas vers elle.

Jocelyne! mon enfant!

jociivse.

Ah! ne me touchez pas!

MAC TRÉVOR

Cest juste... (Il regarde ses menus , et dominé par un mouoc?

ment instinctif, il se les essuie.)

JOCELYNE.

Sainte Vierge! il me fallait encore cette dernière douleur!

MAC TRÉVOR

Mais, au moins, écoute-moi, Jocelyne...

JOCELYNE.

Que voulez-vous tne dire?... Venez-vous me rappeler cette nuit horrible où une femme se roulait aux pieds d’un assassin? Lui , le bras levé , écartait du sein de cette femme l’enfant qui pleurait... la hache étincelait à la lueur du foyer... elle tomba! cl l'enfant n’cul plus de mère!... Est-ce là ce que vous êtes venu me dire, démon de Pen-March?

MAC TftLYOn.

C’est vrai! je fus un gueux sinistre!... Ah! que vcux-lu! cette malheureuse femme ne comprenait rien à rocs passions... elle ne savait que pleurer!

JOCCLYHBg

Ma mèrel ô ma mère!

mac trévor. Il la regarde.

Tu n'avais que dix ans... voilà le malheur! et encore, je t’avais à peine connue! Oh! si alors tu avais été comme aujourd'hui ... une belle et grande fille qui vous appelle son père, et qui vous aime un peu! Cela empêche bien des sottises... Ah! au dmble.ee qui est lait , est fait! (Il soupire) Parlons d’autre chose... Il y a ici un pauvre garçon, ce malheureux Kemoël; tu l’aimes donc?

JOCELYNE.

Moi?

MAC TREVOR

Allons! ne t’en cache pas... Pourquoi n’aimerais-tu pas comme uue autre?

JOCELYNE.

Pourquoi? Parce que la fille de Maugars n’a pas le droit a être aimée!...

MAC TRÉVOR

Hein?... Ah! oui! je comprends... Mais enfin, tu l’aimes assez jour t’intéresser à sa vie ?

Je l’aime assez pour mourir de sa mort... (Mac Trévor fai. un môueemfnJ.)

MAC TRÉVOR

De.sorte que la pensée qu’il est coujiable doit te rendre bien malheureuse?

JOCELYNE.

Oh! si jo pouvais douter!...

MAC TRÉVOR

Bh bien ! écoute... je te dis ce!a pour le repos de ton cœur, parce qu’enfin . je comprends... si j'aimais quelqu'un... Ecoute, je te certifie, moi, qu’il n'était pas de l’ulfaire de la rue Thérèse , et l'argent qu'il a eu...

JOCELYflB.

Achevez!...

MAC TRÉVOR

Tu ne me vendras nas, toi, tu es ma fille... Cet argent, 'est moi qui le lui ai donné...

JOCELYNE. *

Ciel ! 6 mon Dieu ! quelle lumière!... Mais alors , vous n’ôtos pas seulement Maugars... vous êtes aussi Mac Trévor?...

MAC trévor, effrayé *.

Mais tais-toi donc... Eh bien ! quand cela serait?...

Mac Trévor!... Et je suis la fille de cet homme!... (Elle fait ’ quelques pas vers Mao Trévor.) Alors, je pense que vous allez auver Kernoél..-

MAC TRÉVOR

Le sauver de quoi?... 1) est à l’abri de toute poursuite, puis* u’il esllou...

JOCELYNE.

Fou! hélas! c’cst vrai... Oh! mais c’est itnpo* v ib1r! Dieu no permettra pas que sa vie ne soit plus désormais qu 11 ig < 1 crin-lie nuit... (Iule renarde Mac Trévor.) C’est dans votre ptson qu’on l'a conduit, n’est-ce pas* Et ce que raconte Rose Lime:, i lie vente des manuscrits de Keruoél, celle somme reçue p..r loi en échange , tout cela est vrai... Tout cela est vrai , n’esl-ce pas?...

MAC trévor.

Je ne peux pas dire te contraire.

JOCELYNE.

Ainsi, c’est vous qu’il a vu dans le cachot, — vons , n'esl-ce pria, — vous qui étiez là devant lui, comme vous êtes ici dev.mt moi , avec ce ténébreux sourire , ce regard fatal , ce front implacable que le remords ne parvient pas à plisser... Oh ! ces traits, quand uue fois on les a vus, ils restent à jamais devant les yeux. Tel vous étiez dans la nuit de votre premier crime, tel vous êtes demeuré dans mon souvenir... et ce sou-

8608 ^ Ue ^ "" ou ®* *” Dô l’eût pas mémo

MAC TJiÉVQ*.

Où voulez* vous en venir?

jocBtmv.

A ceci:— que Kemoël vous a vu à l’heure terrible de sa fiiute, que vous lui êtes apparu, —car je comprends tout à présent,— comme le démon tentateur qui allait prendre possession de son Ame et de sa vie! — Kh bien , si Kernoël . ici, tout a coup, se retrouvait en votre présence, s il revovait I homme qui l'a perdu, une convulsion se ferait en lui qui Je sauverait peut-être et lui rendrait la raison!...

MAC TRÉVOR

V penses-tu — D’ailleurs , d’où peut te venir cette idée?

JOCELYNE.

D‘où elle me vient, je ne sais pas! — Elle me vient de Dieu . peut-être l

mac Taévoa.

Mais je ne le puis...

jomrtw.

Si I — vous ferez cela, Maugars; vous le ferez pour moi, qui ai consacré ma vie & eflaccr par mes larmes le sang que vous avez versé; vous le ferez, car depuis cette nuit maudite J ai vécu solitaire , chassée de partout comme un objet d'horreur et d’épouvante... Et pourtant j'ai accepté sans me plaindre la vie que vous m'avez léguée; je me suis courbée sous la prière, j'ai accompli pieds nus, sur les cailloux des grèves tous les pèlerinages de la Bretagne ; je me suis prosternée aux pieds de tous les calvaires... j'ai porté vos remords à vous qui vous chargiez de crimes.

mac mvoa.

Jocelyne I

locrr.rfr*.

Et Dieu m’a dit : Rachète la malédiction de ta vie par le dévouement et le sacrifice... Alors je me suis prise à l’aimer, lui, Kernoel, à l’aimer, hélas! comme il m'appartient d'aimer, non pour moi, non pour aucune deces joies de la terre auxquelles je n ai pas le droit de prétendre... mais pour lui. pour son bonheur, pour son salut !

Mzc tfévob, après un silence .

CJn ange est donc issu du démon. (Il fait un pa< vert Jocelyne.) Oh ! ne crains pas, va ! je sais bien que je ne dois p.is approcher... Je t'ai laissé un souvenir bien sombre, pauvre fille!... Moi, au contraire, dans ces heures d’ehâoyable déliro, où mes mains...— Oui, j'avais une idée, une vision... je tp revoyais... un enfant rose, aux cheveux bouclés... — Mais ce n’elait qu’un éclair, — et il passait î (Kemoël parait dans l* jardin.)

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