LOÏC, CLAUDE
LO 1 C , une lanterne à la main.
Attendez-moi donc, vous autres! (u entre suivi de Claudo. ) Bon ! les voilà déjà loin! — Bonne nuit et à demain! ( Se retournant vers Claude.)
Je n’ai guère envie de courir pour les rattraper; mes jambes ne valent pas mieux que les vôtres ce soir... et je crois bien que vous m’avez fait boire un coup de trop...
CLAUDE, à moitié endormi.
Mieux vaut boire trop que pas assez...
LOÏC, l'interrompant.
C’est aussi mon avis, monsieur Claude , mais j’ai eu tort do m’attarder avec vous au cabaret. — J’avais promis de ramener la folle aux Herbiers, et voilà la nuit venue, et du diable si je sais maintenant où la trouver. i
CLAUDE
Je ne le sais point plus que toi...
loï c.
C’est une drôle d’idée qu’elle a là, savez-vous, de courir les champs toutes les nuits !
CLAUDE
Moi, j’aime mieux dormir...
LOÏC
C’est aussi mon avis, monsieur Claude ; — mais quant à la garder à la ferme, nous ne le pouvons point. — Quelque temps qu’il fasse, il faut qu’on lui ouvre la porte et la voilà partie dans les bois jusqu’au soir. — Il y a même des nuits où elle aime mieux coucher à ' la belle étoile que de rentrer au logis. — C’est pour ça que moi, qui suis un peu de la famille, je consens quelquefois à courir tout le pays pour la retrouver. — C’est égal, c’est bien peu raisonnable, les fous, n’est-ce pas, monsieur Claude?
CLAUDE
Oui...
LOÏC
Mais il faut de la pitié pour ces êtres-là, voyez-vous, et la pauvre fille est tout de même bien à plaindre d’avoir perdu comme ça la raison pour ce qu’on lui a dit que son amoureux qui était parti ne devait plus revenir, à cause d’une autre femme qu’il était allé épouser soi-disant on ne sait où. — Et c’est Perronnic le tailleur qui lui a fait ce beau conte-là pour la guérir de son amour et se faire accepter comme épouseur à la place de Hoël. — Mais elle a mieux aimé devenir folle que de le prendre... et elle a bien fait , n’est- ce pas, monsieur Claude?
CLAUDE
Oui.
LOÏC
Qui sait? Hoël reviendra peut-être, et j’ai dans l’idée que ce