ACTE II, SCÈNE IV
COREÎiTIN.
Bon !... il pleut!
HOEL.
As-tu peur d’être mouillé?
CORENTIN
Et si les écluses venaient à se rompre, comme on dit. que cela est déjà arrivé?
no EL.
Eh bien! nous serions noyés comme ce jeune gars de Lourmel, qui a été emporté par les eaux- avec son cheval dans le ravin qui est devant toi.
CORENTIN
Merci!... Vous êtes rassurant ! (on entend sonner l'heure à une horloge du village. ) Écoutez!... ( Le son de la cloche se perd dans l'éloignement après les premiers coups frappés.)
HOEL.
Onze heures!
CORENTIN. i
Et vous dites que c’est à minuit que la croix s’allume!
HOEL.
Oui, pour s’éteindre avec l’aube! — Cette nuit passée, le trésor est perdu pour nous!
CORENTIN
De sorte qu’il n’y a qu’à pousser la pierre?
nOEL.
Elle tombera d’elle-mèmc.
CORENTIN
Et d’où la verrons-nous, cette croix de feu ?
iioel.
Do l’autre côté du ravin, en amont du pont que tu vois là.
CORENTIN, montrant l’arbre renversé.
C’est là-dessus que vou$ comptez passer?
IIOEL.
11 le faut bienl... Tonvk m’a prévenu qu’il n’y avait de sentier que sur l’autre bord.
core'ntin.
C'est qu’il ne me paraît point solide, votre pont...
IIOEL.
Aimes-tu mieux te jeter la tête la première dans le précipice?
co R EN T IN.
J’aimerais peut-être mieux être resté chez nous!
. IIOEL.
Oh! ma foi, si ta poltronnerie te reprend à chaque pas, tu n’as qu’à laisser là le trésor. — J’irai bien le chercher tout seul.
CORENTIN
Ehl là!... prenez patience! On ne peut donc point causer? — Tenez, de penser que le trésor est là, cela me raffermit le cœur, et le seul mot de trésor me ferait aller au diable.
IIOEL.
Eli bien ! marchons !
CORENTIN
Déjà?
IIOEL.
Je veux reconnaître le sentier qui conduit au fond du ravin.
Je vous gênerai peut-être pour descendre.
HOEL , lui remettant sa baguette de noisetier.
En. ce cas, attends-moi ici.
CORENTIN
Vous êtes sûr qu’avec cette baguette il n’v a point de danger?
IIOEL.
Sûr!
CORENTIN
Je ferais peut-être mieux d’aller avec vous!
Il O E L.
Eh jarnidieu ! viens ou reste! mais, décide-toi!