ACTE I, SCÈNE III
La bonne chère Plaît à l’un;
L'autre préfère Être à jeun.
Celui-ci pleure Et maigrit ;
L’autre à toute heure Chante et rit.
L’un est honnête,
Simple et bon ;
L’autre, moins bêtê,
Est fripon.
Dieu nous donne à chacun en partage Une humeur différente ici-bas :
Il en est qui sont pleins de courage ;
Moi, je suis de ceux qui n'en ont pas.
( Il sft lira
De joyeux drilles,
C’est leur goût,
. Aiment les filles
Avant tout.
Ceux-là méprisent Les amours,
Mais ils se grisent Tous les jours.
L’un est plus tendre Qu’un mouton.
L'autre sait prendre Un bâton...
Dieu nous donne à chacun en partage Une humeur différente ici-bas :
' Il en est qui sont pleins de courage ;
Moi, je suis de ceux qui n’en ont pas !
(La fenêtre s'ourrn hru.qupmont .
Hein?... qu’est-ce que c’est que ça?... Bon! c’est le vent qui ouvre la croisée, (u ferme la fenêtre arec colère. ) .Mon oncle ne pouvait point mettre des volets, je vous le demande. J’ai cru que c’était la dame des prés en personne qui entrait chez moi,’ et j’en ai le cœur tout faible! Je no sais pas, mais je ne me sens point à mon aise dans cette maison -ci. Si j’essayais, avant de souper, de me ragaillardir un peu les sens en me jouant à moi-rriême mes airs les plus fringants!... ( n prend s. corn«mu»e.) Il n’y a rien qui me coupe
l'appétit comme la peur, et il n’y a rien qui me redonne du courage comme la musique!...
( Il joue un air de danse- sur sa cornomuse. Dinorah ouvre brusquement la porte et entre. La lampe s'éteint.)