‹ Le parfait secrtaire des grands hommes; ou, Les lettres de Sapho, Platon, Vercingtorix, Clopatre, Marie-Madeleine, Charlemagne, Jeanne d'Arc et autres personnages illustres, mises au jourChapitre 5 sur 47 · GEORGES GIRARD · texte numérisé non relu

GEORGES GIRARD

LERPRES

THALÈS

Thalés à très illustre et très redouté prince Ambigat, roy des Gaules, salut.

Très puissant prince,

Vous me mandez aulcunes des sentences que savés que ay recueillies sur la manière de se bien gouverner et bien conduyre. Ci-joint en trouverez que je vous prins prendre en bone considération, car pour bien vivre il faut s’abstenyr d’abord de chose que l’on treuve répréhensible dans les autres.

La félicité du corps consiste dans la santé, et cele de l'esprit dans le savoir.

Selon mon penser, l’eau est le principe de toutes choses ; malgré sa nature homogène, elle est disposée à prendre toutes sortes de formes et devenir arbre, métal, or, sang, vin, blé, etc, car les vapeurs sont la nourriture ordinaire des astres et l'Océan leur échanson.

Quant à ce qui est de l’astronomie, sur quoy me mandez aulcunes observations, les treuverés cy-joint

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avec icele lettre ains que quelques desseins de la sphère, que j'ay partagé en cinq cercles parallèles, trouverés aussi aulcunes de mes observations touchant les raisons physiques des éclipses du soleil et de la lune. De tout cecy je seray heureux sy en estes satisfait, pour l'instruction des princes vos neveux, me mandez-vous.

Je vous salue.

Ce X juin, l’an de Rome CLV.

THALÈS

SAPHO

Sapho à son très amé Phaon, salut.

Très chier amé,

Près de ces bords charmans où la veue admire en s’égarant une immense estendue, où la pleine des mers et la vouste des cieux semblent dans le lointaing se confondre, non loin d’icelle rive est un lit de verture qu'ombrage un orme épais et qu’une onde pure arrose.

Ce fut là, si tu t’en rapele, mon très amé, que, embrasé par l’amour, tu me donna le premier baisé et me pressa de le rendre. Ce fut là, chier Phaon, qu'au gré de ta caresse, je fis en rougissant, hélas, l’aveu de ma tendresse et aussy cele de ma faiblesse. Comment aurois-je pu résister à tes feux, car dans

SAPHO

tes yeux estait peinte la candeur de ton âme, l’amour d’un doux esclat faisoit briller tes charmes.

O chier Phaon, quel beau jour, je crois encore voir tes yeux attendris qui se remplirent de larmes. O qu’à ta tendre Sapho comme tu paroissois en chaleur, t’en souviens-tu, moi je crus voir les dieux qui seduisoient ton cueur, reviens à moy, reviens, car sans toy ne puys. vivre. Salut.

SAPHO

SOCRATE [A Euclde|

Mon très chier et très amé Euclides,

An Pais des Gaules où devez partyr, je vous recommanderay un mien amy que la letre cy-jointe (sic). Et viens vous dire par icelle qu’Anite et Melite m’accusent d’impiété. Ils peuvent bien me faire mourir mais ils ne sauroient me nuyre. La fortune peut bien m'enlever la santé, les richesses, les faveurs d’un peuple ou d’un prince ; mais elle ne sauroit me rendre meschant, m'’oster le courage ny me faire perdre cet esprit de prudence plus nécessaire à l’home dans le cours. de sa vie que le pilote ne l’est au navire voguant sur des mers hérissées de rochers. Ains, come jà vous l’ay dit mainte foys, très amé Euclide, vous recomande:

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