‹ Le parfum chez la planteChapitre 17 sur 130 · INFLUENCE DE L’ÉTAT HYGROMÉTRIQUE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L’ÉTAT HYGROMÉTRIQUE

s’élever exceptionnellement au-dessus de 5o °/0. Or l’Angleterre produit une essence de Lavande dont la composition est sensiblement différente, tout au moins au point de vue quantitatif. Elle ne contient, en effet, pas plus de 5 à io°/0 d’éther. En outre, tandis que l’essence française ne renferme que des traces d’un oxyde, l 'encalyplol (cinéol) dont nous parlerons plus loin, l’essence anglaise en contient des proportions assez abondantes.

Cette différence de composition peut évidemment être attribuée à un grand nombre de causes ; mais elle paraît due surtout à l’humidité du milieu dans lequel se développe la plante anglaise et à la sécheresse des régions alpines ou dauphinoises qui fournissent l’essence française. Aussi bien, une essence extraite de Lavandes cultivées dans les environs de Paris renfermait, elle aussi, une très faible proportion d’éther, 10,2 °/0. La seule influence de l’altitude ne saurait suffire à expliquer un tel résultat. Déplus, AL E. Charabot1 a analysé en 1 894 - 1 895 et i896. toute une série d’essences provenant des cimes élevées des Alpes et du Dauphiné. Les nombres trouvés pour les teneurs en éther oscillaient entre 35 et 45 °/0. Pendant l’année 1897, une sécheresse extrême sévit dans le Alidi de la France ; des échantillons, recueillis dans les mêmes régions, présentèrent des teneurs en éther variant entre 87 et 48 °/0. Le pouvoir lévogyre de ces dernières essences était d’ailleurs très élevé, au point de dépasser la limite supérieure généralement admise pour cette constante physique.

Ainsi, le minimum pour la teneur en éther et le

1 E. Charabot, 3, 19Q1, 3e série, I. XXV, p. 263.

maximum correspondant aux années 1 894 ? i895 et i896 . sont respectivement inférieurs au minimum et au maximum correspondant à l’année 1897, qui fut exceptionnellement sèche.

Influence de l’altitude.

Les plantes soumises à l’action du climat alpin subissent des modifications de structure et de fonctions d’autant plus considérables que les deux conditions naturelles les plus importantes de ce climat, la sécheresse et l’éclairement intense, tendent à agir dans le même sens sur les végétaux.

M. E. Cha rabot1 s’est proposé de rechercher quelle était l’influence de l’altitude sur l’essence contenue dans la Lavande. lia, de 1 894 à i9oo, analysé tous les ans plusieurs centaines d’échantillons d’essences récoltés à des altitudes différentes.

Il a rendu négligeables, en ne considérant que la moyenne des nombres obtenus pour chaque altitude, les causes susceptibles d’exercer une influence sur les résultats. Et il est arrivé à cette conclusion que, d’une manière générale et toutes choses égales d’ailleurs, la richesse en élher est d’autant plus grande que l’altitude à laquelle la plante a vécu est plus élevée. C’est d’ailleurs à la même opinion que des observations analogues ont conduit MM. Gildemeister cl Hoffmann2.

Ce résultat n’a rien d’inattendu , puisque l’influence

1 E. Charabot, 3, 1901, 3e série, t. XXV, p. 261.

2 Gildemeister et Hoffmann, p. 737.

Page 1