‹ Le parfum chez la planteChapitre 62 sur 130 · C«H“ — CH2 — CH2 — N = C = S · texte numérisé non relu

C«H“ — CH2 — CH2 — N = C = S

— Famille des Résédacées : Réséda (racines).

DISTRIBUTION DES HUILES ESSENTIELLES

La nature des produits odorants dans ses rapports avec l’anatomie et la classification des plantes.

Nous avons vu, en terminant le Chapitre premier de cet ouvrage , que toute cause influant plus ou moins directement sur la nutrition d’une plante produisait des modifications dans ses caractères anatomiques et physiologiques et, corrélativement, dans la composition des huiles essentielles qu’elle sécrète.

Ceci nous amène tout naturellement à penser qu’il puisse y avoir des rapports entre certains caractères de l’anatomie îles plantes et la nature des huiles essentielles qui y sont contenues.

L’étude de ces rapports ne semble pas, jusqu’ici, avoir beaucoup tenté les chercheurs, bien qu’elle ait pu conduire, dans certains cas, à des résultats intéressants.

MM. Richard T. Baker et Henry G. Smith1 ont étudié avec le plus grand soin les Eucalyptus , et ils se sont aperçus qu’il existait une relation étroite entre la nature des constituants des essences des diverses espèces et la diposition des nervures de leurs feuilles.

' Chez les espèces suivantes , connues sous le nom commun de « bloodwoods » , E. corymbosa Sm. , E. trachyphloïa F. v. M., E. exiinia Schauer, etc., le principal constituant de l’essence est le pinène. On peut voir, par la figure que nous donnons ci-contre, et qui

Baker (Richaud T.) et Smith (Henry G.).

Fig. 3. — Feuille de l’ Eucalyptus corymbosa Sm. (légèrement réduite). L’arrangement des nervures latérales indique la présence de pinène comme principal constituant de l’huile essentielle et l'absence de phellandrène. ( Fig. extraite du Mémoire de MM. Baker et Smith.)

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est empruntée à l’ouvrage de MM. Baker et Smith, que les nervures latérales de la feuille de Y Eucalyptus corymbosa Sm. sont rarement divisées, peu inclinées sur la nervure médiane , et rejoignent une nervure marginale unique. Cette disposition se retrouve chez toutes les espèces dont l’huile essentielle est principalement constituée par du pinène.

L’eucalyptol, par contre, est très abondant dans l’essence d’j Eucalyptus globulus Labill. et d’autres espèces voisines.

Ici. la nervation des feuilles présente des caractères très différents. Les nervures latérales sont plus écartées, ne sont pas parallèles , et certaines d’entre elles sont mieux marquées.

Enfin, chez les espèces dont l’huile essentielle est riche en phellandrène , par exemple chez Y Eucalyptus Sieberiana F. v. M. , la feuille présente des caractères différents. La nervure marginale s’écarte du bord et se courbe pour rejoindre, de place en place, des nervures latérales plus proéminentes que les autres.

Celles-ci s’anastomosent pour former des boucles et s’inclinent fortement .sur la nervure médiane.

Ainsi donc, chez les Eucalyptus , il y a une relation étroite entre la nervation des feuilles et la présence de certains principes dans l’huile essentielle.

Mais MM. Baker et Smith vont plus loin, el ils considèrent quelles caractères empruntés à la composition chimique des huiles essentielles ont une valeur spécifique. Ils s’en servent même, concurremment avec des caractères morphologiques, pour étudier la filiation du genre Eucalyptus et ses rapports avec des genres voisins, notamment avec le genre Angophorâ.

Fig. 4. — Feuille de l'Eucalyptus ç/lobulus Labill. (légèrement réduite). La nervation indique que l’huile essentielle contient de Veucalyptol en même temps que du pinène , mais que le phellandrène est absent.

1 18 DISTRIBUTION DES HUILES ESSENTIELLES

Ceci nous amène à nous demander quelle peut être la valeur systématique des caractères empruntés à la composition chimique des végétaux et en particulier à celle de leurs huiles essentielles.

Nous avons montré, il est vrai, combien était variable la composition des produits odorants d’une même plante récoltée sous divers climats; mais il est juste d’ajouter que les caractères anatomiques et morphologiques des végétaux varient également sous les influences qui modifient les conditions de la nutrition, ce qui ne les empêche pas de posséder une valeur systématique. Il serait donc prématuré de conclure que la connaissance des produits odorants des végétaux soit sans intérêt au point de vue systématique, et d’ailleurs le travail de MM. Baker et Smith viendrait donner un démenti à cette manière de voir.

En étudiant la composition chimique des bois , M. Gabriel Bertrand1 a montré qu’il existait des caractères différentiels très constants entre les Gymnospermes et les Angiospermes.

Peut-être l’étude des huiles essentielles fournira-t-elle aussi à la systématique des renseignements précieux ; mais jusqu’ici il est difficile de tirer un renseignement des documents que nous possédons, et que nous exposions en commençant ce chapitre.

Ainsi que nous l’avons dit plus haut, on s’est surtout efforcé , jusqu’ici, d’extraire le parfum des plantes qui en produisaient le plus. Nous pouvons donc nous faire une idée de la diffusion des principes odorants dans le

1 G. Bertrand, 1, 1899, t. CXXIX, p. 1025.

Fig. 5. — Feuille de l’ Eucalyptus Sieheriana F. v. M. (légèrement réduite). La nervation indique ta prédominance du phellandrène dans l’huile essentielle.

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