ÉTUDE MICROCHIMIQUE DES ESSENCES SULFURÉES
incolores du bulbe ou de jeunes tiges de l’Oignon ( Allium Cepa L.), traitées par le nitrate d’argent, donnent après une demi-heure à une heure un beau précipité noir dans ,les cellules à essence. Si les coupes ont été au préalable bouillies dans l’alcool , la réaction ne se produit plus1.
Étude microchimique des principes fournissant les essences sulfurées des Crucifères.
Les Crucifères contiennent des glucosides qui peuvent se dédoubler sous l’influence d’une diastase appropriée. Ainsi la Moutarde noire ( Sinapis nigra L.) contient de la sinigrine qui, sous l’action de la myrosine, se dédouble en isosulfocyanate d’allyle , glucose et sulfate acide de potassium. De semblables substances se retrouvent dans d’autres Crucifères , chez les Tropæolacées , les Capparidacées , les Limnanthacées , les Papayacées et les Résédacées.
-M. Guignard2 a réussi à déterminer, à l’aide de réactifs microchimiques, la localisation de la myrosine et celle de la sinigrine.
Lorsqu’on traite une coupe faite, par exemple, dans une racine de Raifort par le réactif de Millon, on voit le protoplasma de toutes les cellules se colorer en rouge brique. Cependant, certaines cellules se colorent d’une façon particulièrement intense.
Le contenu de ces cellules, lorsqu’on traite la coupe, à une température voisine de l’ébullition, par de l’acide
1 Léo Errera.
2 Guignard, 1, 1890, t. IV, p. 385.
chlorhydrique pur auquel on a ajouté une goutte d’une solution aqueuse d’orcine au V 10» prend, à l’exclusion du contenu de toutes les autres, une coloration violette. L’expérience montre que ces propriétés appartiennent aux seules cellules contenant de la myrosine.
La recherche de la sinigrine ne se peut faire que d’une façon indirecte. On transforme ce corps, à l’aide de la myrosine , en isosulfocyanate d’allyle , Colombie par la teinture d’Alcanna.
Les coupes dans lesquelles on se propose de rechercher la localisation de la sinigrine sont d’abord mises dans l’éther absolu , qui dissout les graisses, lesquelles se coloraient par la teinture d’Alcanna. On s’assure d’ailleurs, à l’aide de ce réactif, que la coupe est'parfaitement débarrassée des graisses, c’est-à-dire ne se colore plus.
Mais le séjour dans l’éther a tué la myrosine qui se trouvait dans la coupe; aussi faut- il placer celle-ci dans une solution de myrosine1.
On lave alors à l’eau, on traite par la teinture d’Alcanna, et l’on voit, dans un certain nombre de cellules, des globules se colorer en rose.
On constate que ces globules, formés d’isosulfocyanate d’allyle, sont solubles dans l’éther.
1 Les coupes sont placées pendant un quart d’heure dans une solution de myrosine, maintenue à 50°. Pour préparer cette solution, on délaye dans l’eau quelques milligrammes de la poudre obtenue avec l’aile de la semence de Lunaria biennis Mœnch., très riche en myrosine.