‹ Le parfum chez la planteChapitre 68 sur 130 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

lumière du canal. Une semblable oblitération se produit chez les Myrtacées, par exemple1.

Parfois, l’oblitération se produit par suite de la formation de thylles. Ces thylles sont formés par des cellules bordant le canal. Certaines d’entre elles s’enflent considérablement; leur membrane fait fortement saillie dans le canal et acquiert de nombreuses ponctuations. Ces thylles finissent par obstruer complètement la lumière du canal sécréteur. A ce moment, leur membrane se lignifie2.

Il peut même arriver que les canaux sécréteurs ainsi obstrués s’isolent complètement par une zone subérophellodermique se développant à leur périphérie3.

Résumé.

Ainsi, au point de vue anatomique, les appareils sécréteurs que nous venons d’étudier se distinguent surtout par le point où se rassemble chez eux la sécrétion. Les cellules isolées, les cellules épidermiques sécrétrices et les poils constituent ginsi un premier groupe très homogène, à sécrétion interne.

. Les canaux et les poches sécrétrices rassemblent, au contraire, les huiles essentielles qu'ils sécrètent dans un réservoir situé en dehors des cellules actives.

Ce sont là des distinctions purement anatomiques, car il semble bien que la sécrétion se produise par un mode absolument uniforme.

1 Sotthilf-Lutz.

2 Van Tieghem, 1885, Je série, t. I, et Mlle Leblois, 1887, 7e série, t. VI.

3 Jacques Maheu et R. Combes, 1907, 4e série, t. VII.

Pour M. Tschirch et ses élèves, ce serait une assise résinogène, portion différenciée de la membrane de la cellule active, qui assumerait le rôle sécréteur. Elle recevrait des matériaux résinogènes qu’elle transformerait en essences. Nous avons montré, au point de vue purement histologique, que cette théorie, bien qu’appuyée par de nombreux travaux, ne nous paraît pas démontrée.

Nous aurons l’occasion de voir, au cours des chapitres qui vont suivre , que les produits odorants semblent doués, dans la plante, d’une singulière mobilité et non pas condamnés, comme l’admet M. Tschirch, à rester incapables de traverser des parois cellulaires. S’agit-il d’une forme de transport, modification chimique des huiles essentielles, ou encore d’une dissolution? C’est ce qu’il semble bien difficile de démontrer d’une façon parfaite, mais la dernière hypothèse paraît tout à fait vraisemblable.

Avant de passer à l’étude de ces problèmes ardus, nous emploierons la dernière partie de ce chapitre à tracer un tableau d’ensemble de la distribution, dans les diverses familles végétales, des appareils sécréteurs.

Distribution de l’appareil sécréteur chez les divers groupes de végétaux.

Remarques préliminaires.

Nous ne pourrions songer, sans prolonger outre mesure cet exposé, à étudier, famille par famille, la forme et la disposition des appareils sécréteurs.

Aussi considérons -nous successivement les grands groupes de végétaux d’une façon très générale.

DISTRIBUTION DE L’APPAREIL SÉCRÉTEUR m

Il importe cependant de faire, avant tout, quelques remarques fondamentales.

Il arrive fréquemment que , dans une même plante . les divers membres sont pourvus d’organes sécréteurs différents. On peut citer, comme exemple de ceci, le Millepertuis ( Hypericum perforation L.). Les feuilles de cette Hypéricacée possèdent les poches sécrétrices bien connues, auxquelles la plante doit son nom, tandis que la tige ne possède que des canaux sécréteurs. Chez les Rutacées, la feuille contient également des poches sécrétrices, tandis que celles-ci sont remplacées, dans la tige de la plante, par des cellules sécrétrices disséminées dans le liber.

Dans une même famille, il peut arriver également que les différents genres contiennent des appareils sécréteurs divers. Cependant, en toute généralité, l’appareil sécréteur a une très grande importance systématique, non seulement par sa forme et sa disposition , mais encore par la nature des substances qu’il fournit.

Certaines familles ont tous leurs représentants pourvus des mêmes appareils de sécrétion.- Il en est ainsi , par exemple, des Ombellifères et des Labiées.

Chez d’autres familles, au contraire, l’appareil sécréteur fait totalement défaut. Ainsi les familles suivantes n’ont ni appareil sécréteur interne d’aucune sorte, ni poils sécréteurs : Dilléniacées , Berbéridacées , Sarracéniacées, Frankéniacées , Tarmarcacées, Malpighiacées, Ochnacées, Ilicacées, Gyrilliacées, Stackhousiacées, Mélianthacées , Staphyléacées , Coriacées, Ostréacées, Bruniacées , OEnothéracées, Oléacées , Loganiacées . Amarantacées , Phytolaccacées , Batidacées, Thyméléacées, Casuarinacées, Salicacées, etc.

Enfin, la nature chimique des substances produites : résines, huiles essentielles, tanins, mucilages, etc., présente également une importance systématique que nous n’avons à envisager ici qu’en ce qui concerne les huiles essentielles.

Les Dicotylédones.

La plupart des familles de plantes dicotylédones possèdent des organes sécréteurs1.

CELLULES SÉCRÉTRICES

Des cellules sécrétrices à résines ou huiles essentielles de formes diverses se trouvent dans un grand nombre de familles : Polygalacées, Élatinacées, Ternstrœmiacées, Tiliacées, Géraniacées, Rutacées, Simarubacées (dans ces deux familles. l’axe seul contient des cellules sécrétrices), Hippocastanacées , Rubiacées, Cuscutacées, Labiées, Polygonacées.

Les cellules à myrosine se trouvent chez les Crucifères, les Capparidacées, les Résédacées et les Tropæolacées. Enfin, certaines familles sont absolument caractérisées par la présence de- cellules sécrétrices. Ce sont les Calycanthacées, les Magnoliacées, les Anonacées, qui contiennent, dans leur fleur , des cellules sécrétrices arrondies. Les Méliacées sont caractérisées par la

1 Consulter, pour l’étude détaillée de cette question, Soleber , à qui nous empruntons un grand nombre des détails qui vont suivre.

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