LES CRYPTOGAMES VASCULAIRES ET LES THALLOPHYTES
à mucilages, tandis que les Conifères se distinguent par leur appareil sécréteur oléo- résineux.
Dans la racine , les canaux sécréteurs peuvent se rencontrer un peu partout : bois, liber, moelle ou écorce.
Dans la tige, on peut les rencontrer dans l’écorce ou dans le liber.
Ils ne se rencontrent dans le bois que chez les Conifères, et, dans la moelle, on ne les rencontre que dans le genre Ginkgo.
A. côté de ces canaux schizogènes on rencontre, dans l’écorce ou le liber d’un grand nombre de Conifères, des poches qui se forment suivant le mode lysigène. Enfin il n’y a' pas d’appareil sécréteur oléo-résineux dans le genre Taxus.
La feuille est très riche en canaux sécréteurs, sauf dans le genre Taxus. Ceux-ci y offrent des dispositions variées et sont pourvus ou non d’une gaine fibreuse de soutien. Ces caractères et ceux qui sont fournis par la course de ces canaux dans le mésophylle ont une grande importance au point de vue systématique.
Enfin, la famille des Gnétacées ne contient pas de canaux sécréteurs.
Les Cryptogames vasculaires et les Thallophytes.
Chez les Fougères, il n’y a guère à signaler que les cellules capitées des Fougères dorées ou argentées ( Gymnogramma ) , qui soient comparables à des poils sécréteurs.
Enfin, chez les Champignons, il n’est pas très rare de rencontrer des masses résineuses emmagasinées au milieu des hyphes de la plante. Dans l’état actuel de nos connaissances, il est impossible de savoir si certains de ces hyphes jouent un rôle sécréteur.
Conclusions.
En premier lieu, ainsi que nous avons eu déjà l’occasion de le remarquer, lorsqu’on considère les divers organes d’une même plante, en passant de l’un à l’autre, on voit souvent certaines formes de l’appareil sécréteur oléo- résineux faire place à d’autres.
Ainsi , chez les Hypéricacées , l’axe est pourvu de canaux sécréteurs, qui sont, dans la feuille, remplacés par des poches sécrétrices. Chez les Rutacées, les canaux sécréteurs de la tige font place, dans la feuille, à des cellules sécrétrices.
Si nous considérons maintenant l’ensemble des appareils sécréteurs, aussi bien ceux dont le produit est une huile essentielle que ceux qui fournissent des mucilages, des tanins ou de l’oxalate de calcium, nous constaterons que, entre les plantes d’un même genre, d’une même famille ou encore d’un même ordre, il existe une sorte de balancement entre ces divers appareils sécréteurs.
Entre un grand nombre d’exemples on peut citer celui de la famille des Composées, bien étudiée par M. Col1 à ce point de. vue.
On trouve, chez les représentants de cette famille,
' Col, t. XVII et t. XVIII, p. 110 et 153.
CONCLUSIONS
deux sortes d’appareils sécréteurs : des laticifères et des canaux ou poches sécrétrices. Si l’on classe les Composées d’après Bentham et Hooker, on voit que « l’extension des canaux sécréteurs aux divers organes suit un processus de bas en haut, tandis que l’apparition et l’extension des laticifères a lieu de haut en bas. Cette marche en sens inverse produit, dans certaines plantes , la coexistence des deux formes de l’appareil sécréteur » .
L’auteur aijoute : « La nature de l’appareil sécréteur ne définit donc dans les Composées que deux sousfamilles, reliées par des transitions ; les Liguliflores et les Tubuliflores, comprises selon Bentham et Hooker. »
Ces remarques font ressortir d’une façon nette la valeur systématique de l’étude anatomique de l’appareil sécréteur ; mais elles ne nous permettent guère de tirer des déductions ayant une valeur physiologique.
Aussi est-ce à des recherches effectuées directement sur les parfums contenus dans une plante donnée qu’il faut avoir recours pour se faire une idée du rôle que jouent, dans l’organisme végétal, les produits' odorants. Dans quelles conditions se forment- ils, et quel est leur rôle et dans la nutrition et dans la physiologie générale de la plante? Ce sont là des questions que nous allons aborder dans les chapitres qui vont suivre.