‹ Le parfum de Rome; (volume 2)Chapitre 24 sur 92 · GALERIE DU VATICAN · texte numérisé non relu

GALERIE DU VATICAN

Il y a quelques tableaux au Vatican. Un tact exquis a présidé au choix et limité le nombre. Certaine sobriété est sécheresse, la vraie sobriété est la vertu du goût.

En France nous suivons une autre méthode. Nous faisons de vastes saUes repliées sur ellesmêmes, et notre gloire est de les pousser à des dimensions qui ne permettent pas de les parcourir en un jour.

Nous y entassons pêle-mêle tout ce qui nous tombe sous la main; le sacré, le profane et l'immonde. Regarde qui ose, verra qui pourra.

Parfois c'est une infection, souvent c'est un blasphème, habituellement c'est un dégoût. On sort

ahuri de ces greniers de chefs-d'œuvre. Ils expHquent le triomphe du bric-à-brac.

Il y a un canton du Louvre que j'aurais voulu montrer à mes enfants. Pour arriver là, j'ai en vain cherché un chemin qui ne fût pas trop sali. Tout est bordé, obstrué de nudités insoutenables.

Ils en usent ainsi comme par calcul. Des monuments bibliques rapportés de Terre sainte, intéressants pour la religion, sont enfouis, dans des salles basses qu'ils suffiraient à meubler. On y a mêlé des ouvrages païens plus dignes d'un musée secret.

De ces caves sombres, ils ont fait des cavernes où ils égorgent la pudeur. Vous savez comme la pudeur est traitée dans les jardins publics. Ils y étalent des statues dont la police devrait saisir la reproduction ■dans les boutiques de photographie.

Ils parlent de la malpropreté des rues de Rome ! Cette boue de leurs musées et de leurs jardins est étrangement plus inhospitalière et plus salissante. On peut affronter les boues de Rome, point celles-là. — Entrons sans crainte dans la galerie du Vatican.

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