‹ Le parfum de Rome; (volume 2)Chapitre 36 sur 92 · L'ACADÉMIE DE FRANCE · texte numérisé non relu

L'ACADÉMIE DE FRANCE

C'est là que j'ai vu des prières éloquentes! Après avoir baisé le pied de l'Apôtre, ils s'inclinent et le touchent de leur front, les prêtres de leur tonsure.

Une fillette se haussait pour approcher sa bouche, mais il s'en fallait de quelque chose. Elle ne se découragea point. Sa sœur, plus petite encore, lui donnait assistance. Toutes deux s'y reprirent à plusieurs fois.

Enfin elle se suspendit des deux mains, et ses lèvres effleurèrent le pied du Pêcheur. Satisfaite, elle aida à son tour la petite sœur qui l'avait aidée. Un rayon de la main bénissante venait sourire sur ces fronts charmants.

Ce tableau a souvent tenté les peintres. C'est ainsi que le bon Léopold Mozart souleva son petit Wolfgang, et que nous sommes tous soulevés de quelque façon. Frère et sœurs, et enfants et neveux, je pensai à vous.

Ne nous sommes-nous pas tous aidés, ne nous aidons-nous pas les uns les autres pour nous hisser jusque-là? Lorsqu'à mon tour je baisai le pied de saint Pierre, je vous sentis derrière moi.

l'académie de FRANCE

Sur le Pincio, au sommet de cette élégante et grandiose Scalinata, présent d'un Français, il y a deux grands témoins de la France.

A la Trinité des Monts sont établies les Dames du

Sacré-Cœur, qui viennent de chez nous. Ces nobles femmes travaillent à former des chrétiennes.

C'était un des vœux de César Balbo et de ces honnêtes esprits qui rêvaient pour l'Italie un progrès si différent des écroulements où elle se précipite.

Balbo trouvait que l'Italie n'avait plus assez cet objet de respect et d'amour: la femme cultivée dans la lumière catholique. Il espérait que les religieuses de France feraient à l'Italie cet incomparable présent.

Pauvre Balbo ! A la place de la chrétienne qu'il attendait et qui commençait à fleurir, l'esprit moderne donne à l'Italie la garibaldienne. Ce n'est pas la même chose!

L'autre établissement s'appelle l'Académie de France. Notre Institut essaye à Paris des jeunes gens, peintres, statuaires, graveurs, musiciens. Il envoie à Rome les plus vaillants pour être perfectionnés. Perfectionnement en petit nombre, et petits, petits, petits!

Les élèves de l'Académie de France habitent un palais magnifique sur ce beau site baigné de soleil. Ils sont entourés de chefs-d'œuvre vivants et de ruines éloquentes; ils savent le métier. Mais ce n'est pas tout de savoir le métier: il faut être né pour la chose.

Ce n'est pas tout d'être entouré de chefs-d'œuvre, il faut les voir; ce n'est pas tout d'être entré à l'école, il faut en sortir; ce n'est pas tout d'habiter Rome, il faut cesser de regarder Paris. Rares sont les élèves de l'Académie de France qui peuvent

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perdre l'accent de Paris et faire autre chose que « l'article Paris. »

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