‹ Le parfum de Rome; (volume 2)Chapitre 82 sur 92 · PAROLES DE L'ÉVEQUE DE TULLE · texte numérisé non relu

PAROLES DE L'ÉVEQUE DE TULLE

Testament, le mont Sacré. En effet, le Christ y fonda pour le Pontife romain un vaste héritage d'excellence, de dignité, de paix et de gloire; il l'y créa monarque constitué à jamais au-dessus de tous les princes du sacerdoce.

« Afin de consolider cette ville très sacrée et de la purifier des souillures des idoles, après avoir lui-même versé son divin sang, le Seigneur convoqua l'innombrable multitude des Saints. Il voulut que chaque patrie eût à Rome un représentant qui lui apportât de pieux tributs. La Judée donna Pierre, chef de l'apostolat; la Cilicie, Paul, docteur des Gentils; les Espagnes donnèrent le très saint lévite Laurent; leur sang empourpra la cité, leurs os la décorèrent. Des autres régions de l'univers furent députés et des martyrs difficiles à compter et de nobles confesseurs offrant à l'envi leur sang et leur foi. Ils voulurent y prendre le repos de la tombe, et ainsi lui donnèrent un sceau de grande majesté.

« Elle est si sainte, cette ville, que quiconque chemine vers elle dans un esprit catholique, résolu à se corriger des crimes qu'il a commis, quels qu'ils soient, il est assuré d'en obtenir la rémission et de recevoir la grâce par le ministère du Pontife, vicaire très intime du Christ, héritier et successeur de Pierre.

« Dans les temps reculés, le Prince des esprits pervers, voulant solenniser ses folies et son culte, avait rassemblé dans cette ville les meilleures dépouilles des peuples, les perles, l'or, l'argent, les marbres Le Fils de Dieu, plus fort que lui, est

survenu et a livré ces trophées aux Apôtres et aux martyrs. Ce qui servait à l'idolâtrie tourne à l'honneur des églises saintes. Le trompeur a été pris dans son piège; lui et les siens ont fait un long travail pour l'ornement du trône du Fils de l'Éternel. »

Ainsi parlait ce docteur du treizième siècle, répondant par avance aux questions de nos jours.

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