‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 118 sur 230 · LE PERE CHARLES · texte numérisé non relu

LE PERE CHARLES

Tous les vendredis de mars, le Saint-Père vient )rier dans la basilique Vaticane. II est sans pompe, 'scorté seulement des prélats de sa maison. A

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cause des manifestations révolutionnaires, les Romains fidèles y accourent. De tous les quartiers de la ville on s'est rendu à Saint-Pierre par groupes nombreux.

Les petites filles des écoles pauvres se rangeaient au bas de l'escalier du Vatican. Combien j'y aurais voulu voâr Agnès et Luce ! J'allai me placer de ce côté. Je m'attends toujours à retrouver parmi ces frais visages des traits que je ne reverrai plus sur la terre. Dansl'église, il y avait beaucoup dépeuple.

Le Pape passa. On recevait à genoux la bénédiction qui tombait de son cœur, et on le suivait en silence. A la Confession, je le vis bien en face. C'est la douceur et la majesté d'un ange, mais d'un ange qui est sur la terre et qui en subit les fardeaux.

Tout le temps que le Saint-Père resta dans l'église, la foule y resta. En se retirant, il la vit prosternée. Il passa et bénit. Pas un cri, mais des larmes.

Je me sentais triste. Dans cette foule attendrie, il V avait aussi des visages ironiques et un plus grand nombre de fronts soucieux. La manifestation devait inspirer aux uns peu d'effroi, aux autres peu de confiance :

■ - \'oilàdonc quels vengeurs s'arment pour ta querelle. ■Des femmes, des enfants!...

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Je rencontrai le père Charles, Polonais, vaillant insurgé de 1 83o, vaillant prêtre aujourd'hui, joyeux toujours. — (( Nous sommes malades, me dit-il. Mais qu'est-ce que c'est qu'une maladie pour notre bon Médecin.

(( Une maladie est une occasion, une excellente occasion de sonder le mal, de nous bien résoudre à commencer une nouvelle vie. Notre bon Médecin nous guérira ou nous ressuscitera. Il connaît tous le remèdes \ la mort elle-même est remède en ses mains. Il se sert de la mort pour refaire la vie.

(( Quand le père Jérôme et moi, nous nous sommes vus couchés sur le champ de bataille, ! sanglants, vaincus, ca n'allait pas bien. Bah ! leibon Médecin envoya ses aides. Quels aides? Les I Cosaques qui venaient de nous fouler aux pieds

!de leurs chevaux :

I « Allons, allons. Cosaques, relevez-moi ces

Igarçons-là •, je veux qu'ils fassent quelque chose ! »

Les Cosaques nous relevèrent, nous pansèrent. Ils

m ont recousu ; ils ont remis l'œil du père Jérôme,

qui pendait sur la joue -, et voilà que nous sommes

prêtres, — et ça va bi<^n I »

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