‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 138 sur 230 · LIVKli VIII. CHAI'IIRL VI · texte numérisé non relu

LIVKli VIII. CHAI'IIRL VI

ment, pas un atome de moins dans les parties qui composent un atome. D'une parcelle du limon de la terre qu^il avait créée, Dieu a formé Thomme, cet atome-, d'une parcelle de ce limon de la terre devenu l'homme, Dieu a tiré l'humanité sacrée de son Fils unique et éternel, le Christ, Notre-Seigneur.

L'Eglise , qui fait Fœuvrc de Dieu , ramasse toute la nature en cette unité et cette concorde premières, par l'emploi qu'elle lui donne dans la matière du culte et dans la forme sensible des sacrements. Le Protestantisme rejette la nature, le Paganisme la souillait*, l'Eglise la consacre, catholique encore en ce point. Remettant l'homme en union avec Dieu , pur esprit , elle le remet aussi en communication légitime avec la nature inférieure. Tout inférieure qu'elle est , la nature matérielle est pourtant la sœur de l'homme.

On sait le rôle auguste que l'Eglise assigne au blé et au vin : ils sont les moyens du sacrifice suprême. L'Eglise prend le sel de la mer, la liqueur que donne le fruit de l'olivier, la sève parfumée que laisse échapper Tarbre résineux, la tige de Thysope, les fibres du lin, la cire des abeilles, la toison des agneaux, lor, l'argent, les pierres précieuses , et ils deviennent dans ses mains autant de ministres secondaires et d"ins-

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truments du culte divin. Elle les emploie pour conférer ses sacrements, par lesquels l'homme est sauvé et Dieu glorifié ; elle place des fleurs sur ses autels ; elle reçoit dans ses symboles jusqu'à la figure des animaux. Tout lui appartient; elle use de tout en souveraine , avec une sagesse qui ne craint pas d'ouvrir la porte à Tidolâtrie. L'attouchement qu'elle donne aux choses les rend pures et saintes.

Avant de dire que ce n'est rien, il faut considérer ce que le Paganisme faisait de la nature en la consacrant au démon , et ce que la nature à son tour faisait de l'homme. Souvenons-nous du Cirque, et souvenons-nous que ces jeux horribles avaient un caractère religieux. Toute la nature y était convoquée au supplice de l'homme ; la chair humaine était pétrie dans le sang sous le pied de l'homicide et sous le pied de la bête, comme pour devenir un sacrement du démon. Souvenons-nous des voluptés romaines et des voluptés asiatiques , et regardons encore aujourd'hui les voluptueux.

Ceux qui savent quelque chose des rites de la magie ont déjà reconnu qu'en cela , comme en tout, le démon se rend parodiste des choses de Dieu. Shakspeare, dans Macbeth, a donné une esquisse de ce culte infernal. Pour composer l'Œ//-

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