‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 139 sur 230 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

vre sans nom , qu'elles destinent à enfanter le crime et la mort , les sorcières rassemblent des poisons, des reptiles, des pourritures, tout ce que la matière fournit de plus hideux. Ainsi faisaient les magiciens de Pantiquité. Le culte public, qui n'était lui-même qu'une grande sorcellerie , ajoutait le sang. Dieu, la nature et l'homme étaient insultés à la fois, dans le but de perdre à la fois les corps et les âmes.

L'Eglise veut tout relever, tout sauver, tout unir. Le péché a détruit l'harmonie entre Dieu et l'homme, entre l'homme et les autres créatures de Dieu : l'Eglise veut réconcilier Thomme, non-seulement avec Dieu , non-seulement avec l'homme, mais avec la nature. Les Apôtres disaient que Dieu leur avait donné « une parole de réconciliation. » L'Eglise prend donc ce que la nature a de plus innocent et de plus bienfaisant, elle le purifie encore par ses exorcismes , elle y surajoute une bonté supérieure par ses bénédictions, elle en fait un agent qui porte à l'homme la grâce de Dieu.

Un protestant illustre , contraint par le seul spectacle de l'histoire , s'écrie que « l'Eglise est la plus grande école de respect qu'ait vue le monde. » La plus grande, et la seule ! Et elle aussi, par là même, l'unique école de Tamour. Avant

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